La délégation américaine est dirigée par le représentant américain du commerce, Jeffrey D. Gerrish (à gauche). La délégation comprend des responsables des départements de l’Agriculture, de l’Énergie, du Commerce, du Trésor et d’État.

Les États-Unis et la Chine entament leurs négociations commerciales

PÉKIN, Chine — Les autorités chinoises et américaines ont entamé lundi des pourparlers visant à mettre un terme à la guerre des tarifs douaniers entre les deux plus grandes économies de la planète, au moment où Pékin dénonçait la présence d'un navire de guerre américain dans les eaux chinoises.

On ne savait pas si la controverse concernant le navire de guerre risquait de perturber les discussions au ministère chinois du Commerce. Les deux parties ont fourni peu d'informations sur les discussions.

Les deux camps ont témoigné de leur optimisme quant au potentiel de progrès dans le règlement de leur conflit tarifaire face aux ambitions technologiques de Pékin. Pourtant, aucun des deux n'a indiqué que sa position avait changé depuis l'accord conclu le 1er décembre par les présidents Donald Trump et Xi Jinping pour reporter de nouvelles augmentations.

Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Lu Kang, a déclaré lundi lors d'un breffage de routine que des avions militaires et des navires de guerre chinois avaient été envoyés pour identifier le navire américain et l'intimer de quitter la région près des îles controversées de la mer de Chine méridionale.

Il n'ya pas eu de commentaire immédiat de la part des États-Unis au sujet de la plainte de la Chine.

La délégation américaine est dirigée par le représentant américain du commerce, Jeffrey D. Gerrish. La délégation comprend des responsables des départements de l'Agriculture, de l'Énergie, du Commerce, du Trésor et d'État.

Les pourparlers se poursuivent malgré les tensions liées à l'arrestation d'une dirigeante technique chinoise au Canada, en vertu d'accusations américaines liées à d'éventuelles violations des sanctions commerciales contre l'Iran.

M. Trump a imposé des augmentations de droits de douane pouvant atteindre 25 pour cent sur des importations chinoises s'élevant à 250 milliards $ US à la suite de plaintes déposées contre Pékin, qui intimiderait des entreprises pour obtenir leur technologie. La Chine a réagi en infligeant des amendes sur 110 milliards $ US en marchandises américaines, en ralentissant le dédouanement des entreprises américaines et en suspendant la délivrance de licences dans les secteurs de la finance et autres.

Les économistes estiment que le report de 90 jours des hausses tarifaires censées entrer en vigueur le 1er janvier est peut-être trop court pour régler les différends qui minent les relations américano-chinoises.

Mais le ralentissement de la croissance économique dans les deux pays accroît la pression pour parvenir à un règlement.

La croissance chinoise est tombée à 6,5 pour cent après la crise mondiale et s'est terminée au mois de septembre. Les ventes d'automobiles ont chuté de 16 pour cent en novembre par rapport à l'année précédente. Les faibles ventes immobilières obligent les développeurs à réduire leurs prix.

L'économie américaine a connu une croissance annuelle moyenne de 3,4 pour cent au troisième trimestre et le taux de chômage a atteint son niveau le plus bas depuis cinq ans. Cependant, des enquêtes montrent que la confiance des consommateurs est en train de s'affaiblir, craignant que la croissance ne ralentisse cette année.

Washington, l'Europe et d'autres partenaires commerciaux se plaignent que les tactiques de Pékin violent ses obligations en matière d'ouverture des marchés.

Cette impasse reflète également l'inquiétude des Américains face à la montée en puissance de la Chine en tant que concurrent potentiel dans les télécommunications et les autres technologies. M. Trump souhaite que Pékin annule ses initiatives visant à créer des leaders chinois dans le domaine de la robotique et de l'intelligence artificielle.

Les dirigeants chinois voient dans de telles stratégies une voie vers une prospérité accrue et une influence mondiale et ont essayé de désamorcer les plaintes en soulignant le potentiel du pays en tant que vaste marché de consommation.

Ils ont également promis de permettre un plus grand accès des étrangers aux industries de l'automobile, de la finance et autres.

Pékin a tenté en vain de recruter la France, l'Allemagne, la Corée du Sud et d'autres gouvernements comme alliés contre M. Trump, mais ils se sont fait l'écho des plaintes des États-Unis au sujet de la politique industrielle et des barrières du marché chinois.

De leur côté, les autorités chinoises ne sont pas satisfaites des restrictions imposées par les États-Unis à l'exportation de technologies à «double usage» avec des applications militaires possibles. Ils se plaignent que les entreprises chinoises sont traitées de manière injuste lors des examens de la sécurité nationale des acquisitions envisagées, bien que presque toutes les transactions soient approuvées sans changement.