La volatilité des marchésa est la conséquence de gigantesques transferts de capitaux, lesquels entraînent une dévalorisation des monnaies, que ce soit en Argentine, en Turquie, en Russie, ou en Afrique du Sud.

Les entreprises du Québec en Russie: trôner sur la plus haute marche du podium

Les athlètes ont l'oeil sur Sotchi depuis juillet 2007 alors que le Comité international olympique octroyait à cette ville russe de 370 000 habitants située au bord de la mer Noire l'organisation des Jeux olympiques de 2014. Ils ne sont pas les seuls à rêver d'or, d'argent et de bronze. Des entreprises québécoises aspirent également aux plus hautes marches du podium en Russie.
Des gros joueurs comme SNC-Lavalin et Bombardier sont présents au pays des steppes depuis plusieurs années. Dans la région de Québec, des entreprises comme Olymel, Honco, Rotobec, Novik, Lab-Volt, Atrium Innovations, Opsens, Dialog Insight et Vêtements Perlimpinpin y brassent déjà des affaires.
«Contrairement aux États-Unis et à l'Europe de l'Ouest, le marché russe n'est pas un naturel pour les entreprises exportatrices québécoises», explique Alain Proulx, sous-ministre adjoint au commerce extérieur au ministère des Relations internationales, de la Francophonie et du Commerce extérieur. «À l'égard de l'Asie et de l'Europe de l'Est, nos entreprises se sentent un peu démunies et elles ont besoin d'encadrement.»
«Et il y a encore beaucoup de préjugés à l'endroit de la Russie», note Anis Ouanès, chef de pupitre, Europe centrale et orientale chez Export Québec. La Russie, c'est encore synonyme, pour plusieurs, de bureaucratie à la soviétique, de pots-de-vin, de corruption et de kidnapping. D'ailleurs, le gouvernement du Québec n'encourage pas les PME exportatrices à faire affaire directement avec le gouvernement, mais plutôt à passer par l'intermédiaire d'importateurs et de distributeurs spécialisés qui vont se charger de faire entrer leurs produits sur le territoire et de les commercialiser.
Parmi les pays du BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine), la Russie se classe au 92e rang selon l'Indice de facilité de faire des affaires développé par la Banque mondiale. C'est mieux que la Chine (96e rang), le Brésil (116e rang) et l'Inde (134e rang). «Plus c'est difficile de faire affaire avec un pays, plus ça limite la concurrence. Par contre, le jour où vous réussissez à vous implanter solidement, ça peut devenir payant», affirme Alain Proulx.
Depuis quelques années, le gouvernement du Québec organise des missions commerciales en Russie. Des ministres y accompagnent les représentants d'entreprises. L'ancien premier ministre Jean Charest avait piloté une mission en 2009. En septembre 2012, un bureau du Québec ouvrait ses portes dans l'ambassade du Canada à Moscou. «Chaque mois, il y a des délégations russes qui débarquent à Montréal, à Ottawa ou à Toronto», informe Anis Ouanès.
Le neuvième plus important client
En 2012, la Russie occupait le 18e rang mondial des partenaires commerciaux du Québec. Elle était le neuvième client le plus important du Québec et son 27e fournisseur international. Les échanges commerciaux de biens entre le Québec et la Russie se chiffraient à 933,8 millions $.
Depuis 2011, le Québec exporte davantage de produits vers la Russie qu'il en importe.
Selon le ministère de l'Économie et des Finances, la valeur des exportations internationales du Québec vers la Russie s'établissait à 621,6 millions $ en 2012, ce qui représente une hausse de 10,5 % par rapport à l'année précédente. Une hausse qui s'explique par un bond de 88,6 millions $ des exportations de viande de porc, lesquelles représentaient plus de la moitié (56 %) des exportations du Québec vers la Russie.
En plus de la viande de porc, les Russes achètent nos avions, nos motoneiges, nos souffleuses, nos équipements pour le déboisement et l'exploration minière, nos produits de construction et nos vêtements d'hiver. 
«Notre climat qui ressemble beaucoup à celui de la Russie représente un avantage concurrentiel pour nous. Ça nous démarque des Européens», fait remarquer Anis Ouanès. «Les conditions climatiques extrêmes, ça nous connaît!»
En 2012, le Québec a exporté davantage en Russie qu'en Inde (484 millions $) et qu'au Brésil (542 millions $), mais moins qu'en Chine (2,6 milliards $). À titre comparatif, nos voisins américains ont dépensé 43,5 milliards $ pour se procurer nos produits.
Par ailleurs, la valeur des importations québécoises en provenance de Russie s'établissait à 312,3 millions $ en 2012. Elle était en baisse de près de 30 % par rapport à 2011, et ce, en raison d'un recul des importations d'huiles brutes de pétrole. De la Russie, le Québec importe principalement des huiles de pétrole, des engrais minéraux, de l'acier, des sulfates de cuivre et des pneus.
En octobre, le gouvernement québécois dévoilait son Plan de développement du commerce extérieur qui prévoit des investissements de 82 millions $ d'ici 2017 pour réduire le déficit commercial de la province et pour accroître les exportations. Québec veut accompagner annuellement 2500 entreprises sur les marchés mondiaux et encourager 1000 nouvelles entreprises exportatrices. Les pays du BRIC sont évidemment dans la mire du gouvernement.
Dans le cas de la Russie, Québec mise principalement sur les marchés de la construction et des biens de consommation ainsi que sur les secteurs de l'énergie et de l'aérospatiale.