Comme pour 37 % du grand public, pour 40 % des économistes québécois, dans une société prospère, l'emploi abonde et les salaires sont convenables. Pour les spécialistes, l'innovation y joue un rôle croissant.

Les économistes prévoient une belle fin d'année au Québec

La situation économique du Québec devrait encore s'améliorer ou du moins se maintenir au cours des six prochains mois, selon une forte majorité des économistes québécois.
L'Association des économistes québécois sonde périodiquement ses membres sur leur perception de l'évolution à court terme de la conjoncture.
À la fin de juin, tout comme en mars dernier, seulement 23 % d'entre eux ont dit craindre une détérioration.
En octobre 2011, la réponse avait été pessimiste chez 35 % des membres interrogés par Léger Marketing.
L'optimisme est maintenant partagé par 76 % des sondés, 11 % prédisant une amélioration et 65 % prévoyant que les conditions actuelles se maintiendront.
La recherche de l'Association couplée à un autre coup de sonde donné dans l'ensemble de la population un peu plus tôt montre que les économistes et le grand public sont majoritairement d'accord pour dire que la prospérité repose largement sur la santé des finances publiques.
Pourtant, les deux groupes s'entendent pour reléguer l'État au dernier rang des acteurs (les économistes préfèrent de beaucoup les entreprises privées) pouvant le mieux contribuer à un Québec plus prospère.
Rappelons à ce sujet que, 24 heures avant la publication de ce résultat, l'agence de cotation Moody's a conservé à la dette du gouvernement du Québec la cote Aa2, avec une perspective «stable».
Prospérité
Experts et citoyens se rejoignent par ailleurs pour parler de société prospère quand l'emploi abonde et quand les salaires sont convenables.
Les opinions divergent cependant sur l'importance de l'innovation et de la croissance économique.
La première dépasse légèrement la seconde dans l'échelle des économistes, tandis qu'une forte croissance économique est deux fois plus importante que la capacité d'innover pour l'ensemble de la population.
Les experts s'intéressent à la cause, les citoyens à l'effet, peut-on lire dans le commentaire diffusé par l'Association des économistes québécois.
Le président de son comité des politiques publiques, Jean-Michel Cousineau, a aussi commenté la priorité accordée par 68 % des économistes à l'amélioration de la productivité pour atteindre la prospérité. «Si, dit-il, la productivité augmente [...], cela peut contribuer à 1- accroître la contribution fiscale des entreprises; 2- améliorer la santé des finances publiques; 3- accroître l'accès aux services publics; 4- mieux lutter contre la pauvreté, ce que la population souhaite.»