L'Amundsen

Les difficultés de l'Amundsen, une occasion pour Davie

L'annulation de la mission scientifique du navire Amundsen donne du poids à la solution suggérée par Chantier Davie pour résoudre «rapidement» le problème de capacité des brise-glaces de la Garde côtière canadienne. C'est ce qu'estime la direction du chantier maritime, qui n'a pas raté de récidiver auprès d'Ottawa.
La «situation est pressante» écrit le président Alex Vicefield dans une lettre envoyée vendredi à des députés fédéraux, intervenants de la Garde côtière et acteurs québécois du secteur maritime et dont Le Soleil a obtenu copie. Les événements du Amundsen «démontrent sans équivoque la nécessité» d'avoir de nouveaux brise-glaces, dit-il. 
Chantier Davie et ses partenaires ont soumis leur projet Resolute au gouvernement canadien à l'automne, après un appel lancé à l'industrie par Ottawa, mais le consortium n'a toujours pas idée si sa solution sera retenue. «Il est indispensable d'obtenir une réponse positive au plus tard en août», presse maintenant M. Vicefield. 
La société a développé des relations commerciales avec les propriétaires de quatre brise-glaces qui devaient être mis à contribution dans le vaste programme de forages pétroliers mené par Shell en Arctique, abandonné en 2015. Davie propose de modifier les navires polaires «puissants et modernes» pour les mettre à disposition de la Garde côtière. 
«Il s'agit d'une opportunité unique», assure-t-il, rappelant qu'une «poignée de navires» de ce type est actuellement disponible dans le monde et que «la fenêtre est [...] d'une durée limitée». Les bateaux seraient déjà prêts à prendre la mer dans leur état actuel et pourraient être livrés «dans un délai d'un mois à la suite de l'attribution du contrat». 
«Gravement inquiète»
La présidente-directrice générale de la Société de développement économique du Saint-Laurent (SODES), Nicole Trépanier, l'une des destinataires de la lettre, n'est pas surprise de l'intervention de la Davie. «On pourrait tous écrire», lance-t-elle. «Je trouve ça correct qu'il le fasse, qu'il trouve des solutions». 
Mme Trépanier nuance néanmoins que son «rôle» n'est pas d'appuyer l'une ou l'autre des solutions, mais de dire «que l'industrie maritime» au grand complet «est gravement inquiète» de la désuétude et du manque de capacité de la flotte de brise-glaces. «La situation est devenue dramatique», n'hésite-t-elle pas à dire. 
Davie n'a pas voulu commenter le contenu de la lettre expédiée par le grand patron. Le projet Resolute pourrait générer des «centaines d'emplois» au chantier maritime de Lévis, a déjà affirmé dans nos pages, la Federal Fleet Services, partenaire du projet.