Le projet du complexe du Phare est l'une des raisons qui a mené au divorce entre le promoteur Michel Dallaire et le Fonds de placement immobilier Cominar.

Les dessous du divorce entre Groupe Dallaire et Cominar

Le projet du complexe du Phare, qui prévoit la construction d’une tour de 65 étages dans Sainte-Foy, est l’une des raisons qui a mené au divorce entre le promoteur Michel Dallaire et le Fonds de placement immobilier Cominar.

«Il faut comprendre qu’il y avait une situation qui devenait inconfortable. Tu ne peux pas diriger deux entreprises qui vont se concurrencer», raconte M. Dallaire, toujours à la tête du Groupe Dallaire. 

«Tant que nous réalisions des projets en partenariat [Groupe Dallaire et Cominar], cela allait bien. Mais avec Le Phare, nous devenions des compétiteurs. [...] Il arrivait un moment où l’on savait que nous allions nous concurrencer et que cela ne serait pas vivable», poursuit celui qui détient toujours avec le Groupe Dallaire environ 5% des parts dans le fonds coté en bourse.

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Il faut comprendre qu’au cours des dernières années, afin de ne pas être des rivaux et pour éviter les conflits d’intérêts, le Groupe Dallaire réalisait principalement du développement résidentiel et faisait l’acquisition de terrains alors que Cominar visait l’achat et la gestion d’immeubles commerciaux, à bureaux et industriels. 

Jusqu’en décembre dernier, M. Dallaire occupait la chaise de président du conseil des fiduciaires et chef de la direction de Cominar. Il a été remplacé par Sylvain Cossette. 

Dans des documents financiers, on peut lire que M. Dallaire a accepté de quitter ses fonctions à la demande du conseil d’administration. Son frère, Alain Dallaire, est demeuré le numéro deux du fonds. En contrepartie, pour éviter les conflits d’intérêts, il a été contraint de démissionner du conseil d’administration du Groupe Dallaire.

Moins de collaborations

Depuis, les deux entreprises ont coupé les ponts dans plusieurs collaborations, principalement du côté de Montréal.

«Groupe Dallaire ne servait que Cominar à Montréal. La décision qui a été prise, c’est de fermer notre division de Montréal et que Cominar reprenait en grande partie nos 300 employés. C’était surtout des équipes qui travaillaient pour l’aménagement de locaux», explique le grand patron. 

«Dans la région de Québec, je conserve mon personnel, car nous travaillons davantage pour nos terrains que pour le développement de Cominar. Notre compagnie de construction [Dalcon] fait toutefois encore du travail pour eux», poursuit-il.

La transition concernant les effectifs basés à Montréal devrait s’échelonner sur une période de 6 à 12 mois. La vente de la division a été conclue pour le montant symbolique de 1 $. Les employés ont été mis au courant au cours des derniers jours.

Un deuil

M. Dallaire, qui concède avoir vécu un deuil l’an dernier après son départ de Cominar, assure que la relation est toujours bonne entre les deux entreprises.

«Les projets où nous étions copropriétaires, nous allons continuer de les développer ensemble, comme le terrain près du Réno-Dépôt sur la rue du Marais. Nous travaillons présentement sur les plans, mais il n’y aura pas de nouveau site où nous serons partenaires», conclut l’homme d’affaires.

Le Groupe Dallaire détient actuellement des parts dans une dizaine d’immeubles. L’entreprise souhaite aussi développer au cours des prochaines années un réseau de résidences pour personnes âgées. 

Une première demeure pour retraités sera située dans Beauport, près du mégacentre commercial. L’édifice comptera six étages et 500 appartements avec une unité de soins.