« L'immigration et la diversité, c'est prioritaire pour nos communautés. Les demandes d'asile sont des gens qui peuvent apporter une contribution importante à la vitalité de la francophonie », a indiqué Jean Johnson, de la FCFA.

Les demandeurs d'asile, des perles pour les employeurs

Et s'il y avait, parmi tous ces demandeurs d'asile, la perle recherchée par un employeur?
Vice-présidente à la croissance des entreprises et à la prospection des investissements étrangers à Québec International, Line Lagacé s'attarde à poser un regard de «développement économique et de bassin de main-d'oeuvre» sur le phénomène actuel de la migration irrégulière alors que des milliers des personnes - principalement des Haïtiens - traversent la frontière en provenance des États-Unis pour demander l'asile au Canada.
Mercredi, le premier ministre Justin Trudeau indiquait que les gouvernements du Canada et du Québec examinaient la possibilité d'accorder des permis de travail temporaires aux demandeurs d'asile en attendant que leurs dossiers soient traités. 
En entrevue au Soleil, Line Lagacé rappelle que les entreprises, notamment celles de la région de Québec, recherchent désespérément des bras et des cerveaux. Et parmi les migrants qui verront leur demande d'asile acceptée, plusieurs d'entre eux pourraient être accueillis à bras ouverts par les employeurs.
«Dans le cas des Haïtiens, par exemple, ils parlent français. Pour la majorité, ils sont scolarisés. Et puisque la plupart d'entre eux sont installés aux États-Unis depuis six, sept ou huit ans, ils sont familiers avec la langue anglaise.»
Le flot de demandeurs d'asile ne tarira pas demain matin. Les permis temporaires de travail aux États-Unis de milliers de travailleurs étrangers viendront à échéance bientôt. Selon L'Actualité, près de 320 000 ressortissants étrangers en provenance de dix pays verront leur statut protégé temporaire aux États-Unis expirer d'ici le début de l'été 2018. Rien n'est assuré en ce qui a trait au renouvellement de leur permis de séjour.
Line Lagacé y voit une «opportunité» pour renflouer les bassins de main-d'oeuvre, notamment dans des secteurs comme celui des technologies de l'information et de la communication. Tant sur la côte est des États-Unis qu'à Silicon Valley, des entreprises d'ici pourraient dénicher d'excellents candidats. 
«Stratégiquement, nous avons intérêt à valoriser les opportunités de carrière chez nous auprès des ressortissants étrangers évoluant aux États-Unis, notamment en se pointant le bout du nez lors des salons industriels et en recourant aux réseaux sociaux», signale-t-elle en mentionnant que le gouvernement du Québec et Québec International peaufinaient une stratégie à cet égard.
Record de candidatures 
Tout au long de l'entretien avec Le Soleil, Line Lagacé martèle que les employeurs doivent jouer sur tous les tableaux pour en arriver à embaucher tout le personnel dont ils ont cruellement besoin et, surtout, aller au-delà des bassins de recrutement de proximité.
Avouons qu'avec un taux de chômage de 4 %, les chercheurs d'emploi ne courent pas les rues à Québec!
Quant au recrutement des talents à Montréal, ça demeure difficile. 
En février dernier, une douzaine d'entreprises de la capitale s'y sont rendues dans l'espoir de trouver des candidats pour pourvoir 219 postes. 
Des embauches, il y a eu moins d'une dizaine. 
«Nous y allions de façon exploratoire sans attente particulière», précise Line Lagacé en ajoutant que la région ne lançait pas la serviette du côté de la métropole. «Nous entendons diversifier notre approche tout en continuant de maximiser les échanges avec nos collaborateurs sur place.»
Du 11 au 19 septembre, Québec International coordonnera une autre mission virtuelle de recrutement.
Dix-huit entreprises y participeront. Un record. Elles offriront 230 postes.
Pas moins de 15 572 candidatures ont été reçues. 
Un autre record. Le double par rapport à la dernière mission virtuelle de recrutement réalisée dans ce coin de la planète. Du nombre, 5223 candidatures proviennent du Brésil, 3045 de la Colombie, 1581 du Mexique et 5723 d'un peu partout en Amérique latine et en Afrique du Nord.
Les entreprises procèdent actuellement à une analyse minutieuse de toutes les candidatures. Elles devraient en retenir entre 3000 et 5000 pour l'étape des entrevues.
«Des bons emplois, il y en a au Brésil, mais beaucoup de travailleurs sont à la recherche d'une meilleure qualité de vie et d'un peu plus de sécurité», explique Mme Lagacé. «En Colombie et au Mexique, par contre, les jeunes choisissent de s'expatrier pour explorer de meilleures possibilités de carrière.»
Ces bons résultats, selon la vice-présidente à la croissance des entreprises et à la prospection des investissements étrangers à Québec International, sont l'aboutissement d'une stratégie structurée de valorisation et de promotion des emplois et de la création de solides partenariats avec les organismes d'employabilité en Amérique latine, en Afrique du Nord et en Europe. «Établir sa crédibilité à l'international, c'est long et c'est complexe. Nous l'avons fait avec des moyens fort modestes.»
Depuis mars 2008, les missions de recrutement international ont permis à la région de Québec d'attirer 1800 travailleurs qualifiés. Le taux de rétention des nouveaux arrivants dépasse 90 %