Malgré la dizaine de personnes qui attendent patiemment en file devant le Glacier Aberdeen, la propriétaire Nancy Pouliot constate « un petit peu moins de monde » qu’à l’habitude.
Malgré la dizaine de personnes qui attendent patiemment en file devant le Glacier Aberdeen, la propriétaire Nancy Pouliot constate « un petit peu moins de monde » qu’à l’habitude.

Les crèmeries et les casse-croûtes se réajustent pendant le (dé)confinement

Enfin, l’arrivée du beau temps! Quoi de mieux qu’une bonne poutine au casse-croûte du coin, ou encore, une petite molle à la crèmerie du quartier. Avec le (dé)confinement, chacun de ces commerces s’en sort différemment, et chacun s’ajuste à sa manière.

Malgré la dizaine de personnes qui attendent patiemment en file devant le Glacier Aberdeen, la propriétaire Nancy Pouliot constate « un petit peu moins de monde » qu’à l’habitude. « Quand j’ai rouvert, je me demandais ce qui allait se passer. Je ne pensais pas qu’on aurait autant de gens, donc ça va bien », affirme-t-elle, tout en déplorant l’absence d’élèves et de fonctionnaires parmi ses clients. Elle souhaite également que les restaurants de la rue Cartier rouvrent bientôt, qui selon elle, lui apporteront plus de clientèle. 

Au Casse-Croûte Chez Gaston, le propriétaire Antoine Paquin remarque une nette diminution depuis le confinement. Il estime qu’en avril ses ventes ont baissé de 85 %. «Notre gros marché, c’était les gens qui sortent la nuit et les employés des tours à bureaux. Mais le nightlife n’existe plus et les tours de bureaux sont fermées. Alors on a dû se réajuster», témoigne-t-il. Avec le déconfinement, ses ventes ont toutefois augmenté légèrement. Même s’il envisage qu’en mai il fera 35 % à 40 % moins de ventes qu’à l’habitude.

Savoir s’adapter

Pour pallier la baisse des ventes, M. Paquin a acheté une voiture grâce aux mesures d’aide financière pour les entreprises et mis sur pied un système de livraison. Il s’est aussi inscrit sur les services de livraison comme Ubereats, et a réduit ses heures d’ouverture. Depuis, il les a progressivement allongés : «Je fais le suivi au quotidien. Je consulte les gens sur Facebook, j’en parle aux clients et je demande à mes employés combien de personnes sont passées et ont appelé. Pas le choix, il faut qu’on s’ajuste au jour le jour.»

Le propriétaire du Casse-Croûte Chez Pierrot dans Limoilou, Ghislain Boulet, a aussi dû revoir ses heures d’ouverture. Même chose pour les horaires de livraison qui ont été réduits. «On suit et on s’ajuste. On est comme le gouvernement, on se donne des dates, mais on n’est pas sûr», ajoute-t-il. Néanmoins, avec un système de take-out et de livraison bien établi, M. Boulet constate que ses ventes durant le confinement ont été bonnes. Au début, le propriétaire a dû mettre à pied une trentaine d’employés, mais au fil des semaines il a réajusté son personnel, car il manquait de livreurs. Depuis le déconfinement progressif, il remarque que ses ventes sont presque revenues à la normale. 

Quant au Bar Laitier Maguire, il s’en sort très bien depuis sa réouverture le 1er mai. La copropriétaire Mireille Rheault-Leclair remarque deux fois plus d’achalandage par rapport à l’an dernier. Elle confirme même qu’ils vont devoir engager une personne de plus. Elle attribue ce succès au fait que les centres commerciaux et les écoles soient fermés. « Avec notre comptoir extérieur, c’est parfait. Les gens font juste passer et s’en vont après », ajoute-t-elle. 

Le retour du beau temps a permis aux petits de savourer un bon cornet de crème glacé dans

Élan de solidarité

Depuis la crise, le propriétaire du Casse-Croûte Chez Gaston constate une plus grande mobilisation pour l’achat local : «Les clients sont tellement gentils. Il y en a qui n’ont pas nécessairement les moyens, mais qui nous donne 5 $ de tip en partant.» Auparavant les employés n’acceptaient pas le pourboire. Le propriétaire a donc dû implanter le régime de déclaration de pourboire «puisque les gens en donnent plus qu’avant».

Même son de cloche du côté de Nancy Pouliot qui a reçu plusieurs mots d’encouragement depuis la réouverture de son commerce. «Ça fait notre petit bonheur», «On est content que vous soyez ouverts» ou «Ça fait du bien au moral», se fait-elle dire quotidiennement.

Au Casse-Croûte Chez Pierrot, le propriétaire a aussi remarqué la compréhension des clients face aux délais de livraison qui pouvaient s’étirer jusqu’à 1 h 15. « On se voyait comme des intervenants de première ligne, même si on n’était pas ça !», rigole-t-il.