La baisse des précipitations devrait créer une plus forte dépendance à la fabrication de neige, ce qui va forcer les administrations des centres de ski à resserrer leur gestion des dépenses.

Les changements climatiques vont faire mal à l’industrie du ski

Il risque de devenir de plus en plus difficile de skier dans le sud du Québec au cours des prochaines décennies en raison des changements climatiques, révèle une analyse du consortium de recherche Ouranos.

Selon le document intitulé «Analyse économique des mesures d’adaptation aux changements climatiques appliquée au secteur du ski alpin au Québec», les trois stations des Cantons-de-l’Est situées à Sutton, Bromont et Orford pourraient perdre jusqu’à 20 jours d’opération d’ici 2050.

Toujours d’après les prévisions d’Ouranos, l’achalandage de ces stations de ski pourrait aussi diminuer de 10 %, alors que l’ensemble du domaine skiable et des pistes disponibles pourrait diminuer de 20 à 30 %.

L’étude vise à aider les stations à mieux s’adapter à la transformation du climat afin d’assurer leur rentabilité à long terme.

La hausse des températures, entraînant aussi une hausse des pluies en hiver, devrait affecter les conditions de glisse particulièrement en novembre et en décembre, avancent les experts d’Ouranos, dont l’analyse est signée par son économiste principal Laurent Da Silva.

Du même coup, la baisse des précipitations de neige devrait créer une plus forte dépendance à la fabrication de neige, ce qui va forcer les administrations des centres de ski à resserrer leur gestion des dépenses et à améliorer leur efficacité en matière d’enneigement.

D’après Laurent Da Silva, la période critique du temps des Fêtes, qui représente une importante part du chiffre d’affaires des stations de ski, ne devrait pas être compromise.

Recommandations

Parmi les recommandations formulées par l’équipe d’Ouranos, on suggère aux stations de «mieux répartir les risques climatiques sur les quatre saisons». Notamment en diversifiant leurs activités, en misant sur de nouvelles technologies et en actualisant l’environnement bâti.

On propose aussi de développer davantage la clientèle américaine et ontarienne. Une autre solution serait de moduler les tarifs à la billetterie selon les périodes d’achalandage.

Les chercheurs insistent par ailleurs sur la nécessité d’améliorer les projections d’achalandage à court terme pour optimiser la prise de décisions concernant les opérations d’entretien, de ressources humaines en fonction et d’ouverture des pistes.

L’organisme à but non lucratif qui rassemble des chercheurs spécialisés dans la science du climat soutient que depuis quarante ans, le Québec s’est réchauffé de 1 à 3 degrés selon les différentes régions. Une hausse qui s’avère encore plus prononcée durant la saison hivernale.