La première Brûlerie de la famille Lacombe, sur la rue Saint-Joseph, dans le quartier Saint-Roch. Avant l'acquisition par les Lacombe, le bâtiment abritait une tabagie.

Les Brûleries de la famille Lacombe: des commerces qui s'intègrent au quartier

La famille Lacombe vient tout juste d'ouvrir une sixième Brûlerie à Québec. Une sixième en six ans. Et, dans les plans, il devrait y en avoir 10 sur le territoire d'ici deux à quatre ans.
Odré Lacombe, son frère Cédric et leur père Luc n'ont pas eu besoin de lire leur avenir dans le marc de café, mais ils ont vu une occasion d'affaires alors que de gros joueurs comme Starbuck, Second Cup et Tim Hortons veulent prendre de plus en plus de place sur le territoire.
«Les marchés de Vancouver et de la côte ouest des États-Unis sont saturés», affirme Odré Lacombe en entrevue dans la Brûlerie Saint-Roch, la première à voir le jour en 2008. «Dans ces régions, ils ont probablement 25 ans d'avance sur Québec. Il ne s'ouvre plus de nouveau café, continue-t-il. À Toronto et à Montréal, le marché est pratiquement à maturité avec une dizaine d'années d'avance sur nous. Ici, il y a encore de la place pour la croissance et nous voulons le faire avant les autres joueurs. Dans cinq ans, il sera probablement trop tard.»
S'il semble y avoir une certaine urgence dans le développement des nouvelles Brûleries, le concept, lui, ne changera pas. La Brûlerie dans les yeux d'Odré Lacombe, ça ne peut pas se bâtir dans un centre commercial.
Au contraire, elle doit être le plus possible sur un coin de rue, avec de grandes façades vitrées permettant aussi bien de voir ce qui se passe sur la rue qu'à l'intérieur. La chaîne des Brûleries demeurera une chaîne locale avec des commerces qui s'imbriquent dans la vie du quartier.
«Accessible à tous»
«Nous voulons que chacune des Brûleries soit un lieu de rassemblement accessible à tous, à toutes les couches de la société, qu'il soit passant, employé ou dirigeant d'entreprise. Notre vocation, c'est d'être proche des gens», ajoute celui qui voit dans l'entrepreneuriat un moyen de relever des défis, un moyen d'accomplissement de soi avant d'être une raison de faire de l'argent.
D'ailleurs, il avoue que les trois actionnaires se sont volontairement votés des salaires assez bas afin de réinvestir dans l'entreprise et dans les employés. Et investir aussi dans la vie de quartier en créant un lieu où les amateurs de café peuvent venir siroter leur boisson en lisant les journaux, en étudiant ou en prenant du bon temps pour le simple prix d'un café. Au-delà du café, il y a le lien avec le quartier.
En parlant de sa sixième Brûlerie, ouverte depuis une semaine et qui porte le nom de Brûlerie Limoilou, Odré Lacombre souligne que le succès ne vient pas uniquement des dirigeants, mais il passe par toute l'équipe, autant par le directeur commercial que par la personne qui prépare et sert le café ou par l'autre qui passe le balai. Ainsi, l'ancienne Brûlerie Limoilou, située au coin de la 5e Rue et de la 3e Avenue, change de nom pour Brûlerie du Vieux-Limoilou.
«Le plus difficile, confie-t-il, ce fut la gestion de la croissance», car passer de six employés à plus de 75 pour les six commerces a exigé de nombreux ajustements de la structure interne pour développer une bonne gestion du personnel et des finances. Il fallait apprendre à bien s'entourer des bons éléments pour que tout baigne dans l'huile.
<p>Il y a plus de six ans, rien ne destinait Odré Lacombre à se lancer dans la vente de café.</p>
De l'achat d'immeubles à la vente de café
La petite histoire des Brûleries de la famille Lacombe commence dans l'immobilier, non dans le café.
Originaire de Trois-Rivières et étudiant à l'Université Laval, Odré Lacombre loue un appartement pour le temps des études. Il voit un immeuble de quatre logements à vendre. Il en parle à son père, lui propose d'acheter la bâtisse et de rénover les logements par les soirs et les fins de semaine.
Commence alors une série d'acquisitions dans Saint-Jean-Baptiste et dans Saint-Roch, jusqu'à ce qu'ils mettent la main, en 2008, sur l'édifice du 375 rue Saint-Joseph, en face de la bibliothèque Gabrielle-Roy. Le bâtiment abritait une tabagie.
Les deux hommes rénovent le bâtiment pendant trois mois et Odré soumet l'idée d'ouvrir un café. «Mais nous ne connaissions rien à ce type de commerce», dit-il en se remémorant les doutes de cette période. «Il a fallu tout apprendre dans les trois mois suivant la rénovation. Mais je savais que ce type de commerce s'intégrerait très bien dans la vie et dans la diversité du quartier.»
C'est alors qu'il doit faire face à un dilemme : continuer à la maîtrise ou se lancer en affaires. Il choisit le risque en lançant la Brûlerie Saint-Roch. «L'aventure était risquée, mais si ça ne fonctionnait pas, il y aurait eu un local commercial à louer.»
Les affaires vont bien au point qu'en 2010, il ajoutera un étage au commerce qui comprenait déjà le rez-de-chaussée et sa mezzanine.
Les affaires vont même très bien. Deux Brûleries ouvriront en 2010 et 2011 : celle de la rue Saint-Jean, au coin d'Honoré-Mercier; l'autre, à Limoilou, au coin de la 5e Rue et de la 3e Avenue. Il est alors partenaire à parts égales avec son père Luc qui s'occupe davantage du volet immobilier. Dans la même année, son frère Cédric décidera de prendre le train en marche avec la croissance de l'entreprise.
En 2012, avec l'acquisition de l'immeuble du Star Café, sur le chemin Sainte-Foy, et sa transformation en nouvelle Brûlerie, le père entre aussi dans l'aventure du café à plein temps. Une année plus tard, ce sera au tour de la Brûlerie Vanier de voir le jour sur la rue Soumande.
Cette année, le nouveau commerce et en même temps sixième Brûlerie ouvre ses portes au coin de la 18e Rue et de la 1re Avenue, près de l'hôpital Saint-François-d'Assise.
Pour l'avenir, le chiffre 10 pointe à l'horizon quant au nombre de brûleries à Québec, car pour Odré Lacombe et sa famille, d'ici 5 ou 10 ans, tous ces investissements auront valu la peine.