Kevin Fortier, propriétaire de BIT2BLOC, présente son guichet automatique de bitcoins.

Les bitcoins débarquent à Québec

Après Vancouver, Toronto, Edmonton, Ottawa et Montréal, c'est au tour de Québec d'avoir son propre guichet de bitcoins, une monnaie virtuelle décriée par certains, dont par l'Autorité des marchés financiers (AMF).
Dès jeudi, les Québécois profiteront d'un guichet automatique - situé au 1720, chemin de la Canardière - pour acheter et vendre des bitcoins et des litecoins.
«Notre compagnie croit que cette technologie est ici pour aider les personnes et les entreprises à effectuer des transactions d'une nouvelle manière. Cela permettra aux citoyens d'économiser sur les coûts de transaction. Il y aura un total de 21 millions de bitcoins créés, le dernier sera en marché autour de 2140, et de 84 millions de litecoins», soutient Kevin Fortier, propriétaire de BIT2BLOC.
L'AMF invite la population à la prudence par rapport à cette technologie qui, en l'absence d'un cadre réglementaire inquiète plusieurs observateurs. Elle promet d'ailleurs de surveiller l'évolution de cette monnaie virtuelle en sol québécois.
«Les transactions impliquant la monnaie virtuelle, aussi appelée cryptomonnaie, ne sont pas couvertes par le Fonds d'indemnisation des services financiers ni par le Fonds d'assurance-dépôts. Les Québécois devraient donc faire preuve de prudence puisqu'ils peuvent s'exposer à des pertes potentielles non couvertes par les régimes d'indemnisation et d'assurance-dépôts actuellement en vigueur lorsqu'ils transigent avec de la monnaie virtuelle», indique Cathy Beauséjour, conseillère en communication à l'AMF.
L'organisme mentionne aussi que divers régulateurs financiers et des banques centrales ont récemment mis en garde les consommateurs sur les risques de fraude associés à la monnaie virtuelle, notamment la Securities and Exchange Commission (SEC) des États-Unis et la Banque de France. «L'anonymat des transactions en monnaie virtuelle et leur relatif faible coût pourraient entraîner des fraudeurs à mettre en oeuvre des stratagèmes, notamment des combines à la Ponzi, pour attirer les investisseurs», note l'AMF.
En mars, Flexcoin, un intermédiaire spécialisé dans l'échange et le stockage de bitcoins au Canada, a annoncé sa fermeture à la suite de la disparition de 896 bitcoins, ce qui représentait environ 580 000 $ selon le taux en vigueur au moment du vol.
Les pertes essuyées par Flexcoin ont été toutefois sans commune mesure avec celles de MtGox, une entreprise installée à Tokyo, qui a vu en février 425 millions $ (850 000 bitcoins) s'envoler en fumée en raison d'un piratage informatique.
«En toute sécurité»
L'entreprise BIT2BLOC demeure, malgré les controverses entourant cette monnaie virtuelle, confiante de pouvoir offrir un service sécuritaire pour les Québécois.
«Il n'a jamais eu de problème avec le système de bitcoins, affirme M. Fortier. C'est un logiciel très sécuritaire. Jamais personne n'a été capable de voler les bitcoins d'un particulier, c'est lorsqu'il y a des échanges qu'il y a des vols.»
L'homme d'affaires ajoute que les vols qui se sont produits par le passé ne sont pas la faute du système informatique, mais bien des institutions qui détiennent les bitcoins. «C'est comme si les citoyens donnaient leur argent aux banques et qu'eux [les banques] se font voler. Ce n'est pas le système qui était en cause, mais plutôt les compagnies. La façon la plus sécuritaire est de les garder soi-même.»
Créée en 2009 pour contrer la dépendance aux banques, la devise qui est entièrement régulée par la demande valait alors 5 ¢ l'unité. Après avoir culminé à plus de 1000 $ l'an dernier, la monnaie se négociait à un peu plus de 455 $ l'unité lundi, sur la plateforme Bitstamp.