Le Mouvement d'éducation et de défense des actionnaires a eu de bons mots pour l'Industrielle Alliance, jeudi.

Les assureurs de Québec et de Lévis manquent de candidats bilingues

À Québec et à Lévis, les compagnies d'assurances s'arrachent les cheveux. Elles ne parviennent pas à trouver suffisamment de candidats bilingues dans leur cour pour pourvoir tous les postes disponibles. À leur grand regret, elles doivent doter des postes à l'extérieur de la région.
«Il n'y a rien de plus déplorable, de plus malheureux qu'une région qui a un trop-plein d'emplois et qui manque de candidats bilingues», a soulevé, mardi, le président du Centre de développement en assurances et services financiers (CDASF) et ancien pdg de SSQ Groupe financier, René Hamel, à l'occasion d'une allocution prononcée devant la Chambre de commerce et d'industrie de Québec.
Le CDASF - aussi connu sous le nom de Puissance 11 - est un organisme mis sur pied en 2007 par les 11 compagnies d'assurances ayant leur siège social dans les régions de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches. Aujourd'hui, elles sont 10 à la suite de la disparition de l'Union Canadienne qui a été emportée lors de l'achat de Co-operators par l'assureur torontois RSA.
Ce regroupement inusité d'assureurs qui, dans la vie de tous les jours, sont de féroces compétiteurs visait à se doter d'une stratégie commune pour attirer une main-d'oeuvre qualifiée et diversifiée, pour accroître le bilinguisme de leurs employés afin de mieux desservir leurs clients respectifs ailleurs au Canada et pour mieux faire connaître l'impact économique et social de l'industrie de l'assurance et des services financiers dans la région de Québec.
Cette industrie connaît une croissance fulgurante. L'actif sous gestion des 11 compagnies a fait un bond prodigieux de 326 % en 10 ans pour s'établir 154 milliards $.
C'est d'ailleurs dans la région de Québec que l'on retrouve la plus grande concentration de sièges sociaux de compagnies d'assurances au Canada.
«On nous désigne souvent comme le Hartford du nord», a rappelé René Hamel. La capitale du Connecticut est un centre important de compagnies d'assurances américaines. «Avec la croissance que nous connaissons, on parlera bientôt de Hartford comme le Québec du sud!» a blagué René Hamel.
Sonner l'alarme
Pour donner une petite idée du bon vent qui souffle sur les assureurs d'ici, soulignons qu'ils ont enregistré une croissance de 133 % de leurs affaires entre 2008 et 2014. 
Cette poussée est venue du Québec (115 %), mais surtout de l'extérieur de la Belle Province (165 %).
À titre d'exemple, les quatre compagnies d'assurances de personnes de la région - Desjardins Sécurité financière, Industrielle Alliance Groupe financier, La Capitale Groupe financier et SSQ Groupe financier - font maintenant partie du top 10 de leur industrie au Canada.
«Même si la croissance est venue principalement de l'extérieur de la région, la croissance des emplois s'est faite ici», a expliqué M. Hamel en signalant que l'augmentation des emplois dans les sièges sociaux avait été de l'ordre de 22 % dans les régions de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches, et de 16,7 % ailleurs.
«C'est ça, la valeur que nous apportons à la région. Peu importe où se fait le développement de nos affaires, nous réussissons à nous accaparer de la majeure partie de la création de nouveaux emplois reliée à cet essor.»
Et cette croissance des affaires va se poursuivre, a assuré René Hamel, et elle se poursuivra principalement à l'extérieur de la Belle Province.
Or, en raison de la rareté de bons candidats bilingues dans le voisinage, c'est vraisemblablement à Montréal, à Toronto ou ailleurs au pays que les assureurs recruteront leur main-d'oeuvre chargée de servir la clientèle anglophone qui ne cesse d'augmenter.
Ce qui amène le Centre de développement en assurances et services financiers à sonner l'alarme.
«Plus que jamais, il faut que les gouvernements, les établissements d'enseignement et notre industrie conjuguent leurs efforts pour que les générations qui suivent en arrivent à maîtriser encore mieux la langue française que les précédentes et atteignent un niveau d'anglais équivalent», a plaidé René Hamel.
«Pourquoi ne pas se donner comme objectif de faire en sorte que l'élève qui sort de l'école secondaire soit bilingue? Ainsi, nous rendrons service à notre industrie, bien sûr, à toute la région et à nos enfants à qui nous pourrons laisser un bel héritage.»
Moteur économique
Avec chiffres à l'appui, René Hamel a fait le portrait de l'industrie des assurances dans la région, «un puissant moteur économique composé d'employeurs de choix et d'entreprises engagées socialement dans leur communauté».
«Nous sommes des agents de stabilité économique», a fait valoir celui qui vient de tirer sa révérence à la tête de SSQ Groupe financier. «Grâce à la constance de nos résultats financiers et de la force de notre croissance, nous aidons la région à bien résister aux aléas de la conjoncture économique mondiale.»
Compagnies d'assurances ayant leur siège social à Québec ou à Lévis
 
Secteur de l'assurance de personnes
• Desjardins Sécurité financière
• Industrielle Alliance Groupe financier
• La Capitale groupe financier, secteur Assurances de personnes
• SSQ Groupe financier
Secteur de l'assurance de dommages
• Desjardins Groupe d'assurances générales
• LEDOR Assurances
• Groupe Promutuel
• Industrielle Alliance, Assurance auto et habitation
• La Capitale assurances générales
• SSQ Auto