Les activités sont réduites au minimum depuis quelques jours déjà à l'usine de General Cable à La Malbaie dont la fermeture officielle est mardi, le 8 avril.

Les 60 employés de l'usine General Cable perdent leur emploi

Les 60 employés de General Cable à La Malbaie rentrent au boulot pour la dernière fois mardi, laissant le champ libre à la morosité et à la déception.
«Aujourd'hui, j'ai le sentiment d'une pauvreté régionale», a lancé un travailleur à sa sortie d'usine lundi. «Les gens ont la tête à terre. Le temps va ramener les choses à leur place, mais ça frappe quand même dans le budget quand un travailleur passe d'un taux horaire de 24 ou 28 $ de l'heure à un 14 $ de l'heure dans un autre emploi.»
La morosité plane depuis que le couperet est tombé, il y a deux mois, sur cette usine de 60 travailleurs dont la masse salariale est estimée à 6 millions $. Une perte économique importante pour Charlevoix et largement décriée par les acteurs politiques et économiques locaux.
Sur le site de l'usine, les activités sont réduites au minimum depuis quelques jours, les travailleurs ayant honoré les derniers contrats. «C'est une qualité de main-d'oeuvre extraordinaire», souligne pour sa part le président du syndicat, François Tremblay. «Ce sont des travailleurs fiers. Ils ont été là jusqu'à la fin.»
Le comité de reclassement d'Emploi Québec est à l'oeuvre et le sera pour encore environ six mois, le temps que les travailleurs, dont la moyenne d'âge est de 45 ans, aient retrouvé un boulot ou réorienté leur carrière avec une formation. «Pour le moment, quelques travailleurs ont trouvé un nouvel emploi», précise M. Tremblay. «J'ai bon espoir que tout le monde se replace, mais je ne sais pas à quel niveau. Dans Charlevoix, les emplois du genre sont rares.»
«Fermeture sauvage»
Présentée comme une «fermeture sauvage» par certains travailleurs, la fin des activités de General Cable à La Malbaie met fin à une série d'alertes au cours des dernières années.
La Malbaie était l'une des 57 usines que la multinationale General Cable dirige dans 26 pays du monde. Les coûts de transport et la baisse du carnet de commandes sont les raisons évoquées par l'entreprise qui poursuit notamment ses activités au Québec dans son usine de Trois-Rivières.
L'usine malbéenne, construite en 1964 sous la gouverne de René Lévesque, ministre des Ressources naturelles dans le gouvernement de Jean Lesage, se spécialisait dans la fabrication de fils haute tension. Actuellement, la relance est improbable à court terme et les bâtiments seraient à vendre au coût de 2,5 millions $.
Les entreprises Reynolds, Phillips Cables, devenu BICC Cable, et General Cable se sont partagé la destinée de cette usine qui aurait eu 50 ans en juillet.