Les érablières devraient être inscrites au patrimoine mondial des sites naturels de l'UNESCO, selon la Fédération des producteurs acéricoles du Québec.

L'érable, un «trésor» expliqué aux enfants

Des élèves du primaire seront amenés à réfléchir à l'importance de l'érable dans la culture québécoise et à l'opportunité de protéger ce «trésor» environnemental en proposant à l'UNESCO d'inscrire les érablières comme sites naturels du patrimoine mondial.
L'initiative émane de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec (FPAQ), un syndicat affilié à l'Union des producteurs agricoles. Celui-ci met à la disposition des enseignants de cinquième et sixième année une programmation pédagogique axée sur l'érable et conçue en conformité avec les exigences du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport.
Alors que deux guides pédagogiques sont offerts gratuitement en téléchargement à tous les enseignants de la province, deux ateliers seront présentés à titre de projet pilote dans une quinzaine d'écoles.
Geneviève Béland, directrice de la promotion et du développement des marchés à la FPAQ, réfute l'idée que ce projet puisse avoir pour but de faire la promotion d'un produit commercial - le sirop d'érable. Il vise plutôt à sensibiliser les écoliers à la dimension culturelle de l'érable, disait-elle cette semaine lors d'un entretien téléphonique. Ceux-ci se pencheront sur l'origine du temps des sucres et verront comment, de l'eau d'érable consommée par les Amérindiens à la variété de l'offre aujourd'hui, les produits de l'érable ont marqué les époques et s'inscrivent désormais comme «produit identitaire et de classe internationale».
Lors des ateliers donnés en classe, le «prof Hibou» et un acériculteur donneront à déguster de l'eau d'érable et des sirops de différentes catégories en plus d'expliquer comment se font la récolte et la production.
La question d'une inscription des érablières au patrimoine des sites naturels de l'UNESCO sera abordée en deux temps. Les élèves seront d'abord invités à réfléchir à la notion de «trésor» environnemental et apprendront ce qu'est le patrimoine naturel de l'UNESCO et les critères qui le définissent.
En second lieu, il sera question de la spécificité des érablières et les enfants seront appelés à dire si elles pourraient se qualifier.
«Rôle identitaire»
Les enseignants seront ensuite invités à transmettre le résultat des analyses de leurs élèves à la FPAQ. Ce travail collectif de réflexion alimentera l'organisation dans une démarche auprès de l'organisation des Nations Unies.
«Notre projet formateur sensibilisera une nouvelle génération de Québécois à l'importance de nos forêts d'érables et à leur rôle culturel, identitaire, patrimonial et alimentaire», disait pour sa part le président de la Fédération, Serge Beaulieu, dans un communiqué.
Les écoles retenues pour le projet pilote se trouvent dans toutes les régions et sont de tous les milieux. Dans certains quartiers de Montréal, 90 % des élèves viennent de familles d'immigrants et ont peu ou pas de connaissances de l'érable, fait remarquer Mme Béland.
À Québec et dans l'est de la province, les écoles participantes sont l'école des Cimes à Beauport, l'école du Phare à Deschambault et l'école Sainte-Jeanne-de-Chantal à Saint-Eugène-de-l'Islet.