Yann Rousselot-Pailley fait partie de la vingtaine d'entrepreneurs qui prendront la mer avec le capitaine Georges Leblanc (à gauche) dans une aventure qui devrait les former à être de meilleurs dirigeants dans leur entreprise respective.

L'équipe de Georges Leblanc a pris la mer

Le voilier de course du capitaine Georges Leblanc, l'Esprit de Corps II, a enfin pu prendre la mer vers 21h vendredi soir après deux jours d'attente à cause d'un différend entre l'organisation du défi Destination 2014 et Transports Canada.
Le capitaine Leblanc a laissé savoir qu'il était soulagé, que lui et son équipe pouvaient partir en paix pour cette traversée selon les paramètres établis par l'organisme fédéral.
Au cours des derniers jours, la personne responsable du dossier à Transport Canada soutenait que la dizaine d'entrepreneurs participant au défi Destination 2014 étaient des passagers et non des équipiers.
Selon des sources dignes de foi, le fonctionnaire de Transports Canada à l'origine de cet imbroglio serait un directeur intérimaire en poste pour cette semaine seulement. Il exigeait que Georges Leblanc possède les qualifications d'un capitaine de paquebot pour transporter des passagers.
En après-midi, Gilles Barbot, président du Groupe Esprit de Corps, organisateur de cette première aventure en mer, avisait que l'échéance ultime pour quitter le port était dimanche matin, sinon l'expédition devrait être annulée. Le groupe a pu partir avant le moment ultime.
«C'est une grande déception, affirmait-il. Nous nous préparons depuis 14 mois à former des équipiers pour les manoeuvres du voilier et une interprétation erronée des règles nous force à attendre qu'une décision soit prise. Nous devons partir ce soir ou au plus tard dimanche matin.»
Pour lui, cette mésaventure revêt un caractère pathétique et triste non seulement pour les équipiers qui patientaient au quai du bassin Louise, mais aussi pour les familles qui attendent le premier groupe à Saint-Malo avec les équipiers qui feront le retour.
«Un passager, clame M. Barbot, c'est une personne qui se fait servir à bord d'un bateau. Ici, ce sont des équipiers qui doivent s'occuper de toutes les manoeuvres sous les ordres du capitaine Leblanc. En attendant la décision, les entrepreneurs équipiers font la maintenance du navire, notamment un qui s'occupe de la révision du moteur.»
Ce qui décevait le plus M. Barbot, c'est que Georges Leblanc a fait ces expéditions aller-retour Québec-Saint-Malo depuis 12 ans avec 115 équipes différentes. «Le voilier est tout sauf une embarcation de plaisance. C'est un coursier océanique dont la fonction est de faire vivre des expériences océaniques d'équipe. Chaque membre de l'aventure Destination 2014 manoeuvrera le voilier, réparera les machines pour veiller au bon déroulement de la traversée», affirmait Georges Leblanc, expert de la course au large.
«Ça ne prend pas un brevet pilote de long cours, continuait M. Leblanc, c'est un voilier de course. Nous ne sommes pas d'accord avec l'interprétation de Transport Canada, car ces gens ont été formés pour être des équipiers en vue de se préparer à une expérience sportive de course sur l'Atlantique.»
Interrogé à savoir si un détenteur de brevet de pilote de paquebot pourrait manoeuvrer son navire, le capitaine Leblanc avait répondu : «Jamais s'il n'a pas de formation sur un voilier. Ce qui n'est pas le cas de nos deux équipes qui se préparent depuis plus d'un an.»
Steven Blaney réagit
«Il y a des spécialistes de Transport Canada qui examinent les enjeux et les aspects de sécurité. Évidemment, je souhaite que ce projet-là puisse se réaliser et qu'il puisse y avoir une solution», avait fait savoir vendredi le ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile, Steven Blaney. «J'ai reçu l'assurance que les fonctionnaires mettaient tous les efforts nécessaires pour trouver une solution», avait ajouté l'élu conservateur dans Lévis-Bellechasse. Avec Samuel Auger