Hydro-Québec procède à un appel d'offres pour 450 MW d'énergie éolienne, dont 300 MW devront être développés en Gaspésie et au Bas-Saint-Laurent. Sur la photo, on aperçoit le parc éolien de la seigneurie de Beaupré.

L'éolien moins coûteux qu'il n'y paraît...

Un autre printemps, une autre hausse de tarifs d'Hydro-Québec, et encore une fois, c'est l'énergie éolienne qui est montrée du doigt : sur les 2,9 % d'augmentation, les grandes pales sont responsables de 2,1 %. Pourquoi le vent coûte-t-il si cher à harnacher?
La réponse peut paraître étonnante : en fait, l'éolien n'est pas particulièrement onéreux, d'après l'Agence américaine d'information sur l'énergie. Chaque année, celle-ci calcule les coûts de revient des différentes sources d'électricité, en comptant la construction des centrales, leur entretien, leur durée de vie, le prix anticipé des carburants, etc. Et la dernière estimation de l'EIA place à 8 ¢/kWh la moyenne de l'éolien, ce qui est moins que les centrales au charbon (9,5 ¢), à peu près autant que l'hydro (8,4 ¢) et pas tellement plus que les centrales au gaz (6,5 ¢).
Bref, contrairement à ce que les hausses d'Hydro-Québec pourraient laisser croire, l'éolien en lui-même n'a rien de ruineux. Mais le problème est ailleurs. Comme le remarquait l'an dernier la Commission sur les enjeux énergétiques du Québec, la province a déjà d'énormes surplus d'énergie. Toute capacité supplémentaire doit donc être écoulée sur les marchés extérieurs (principalement les États-Unis), mais voilà, les lignes de transport sont déjà utilisées à plein rendement pendant les périodes de grande demande, quand les prix sont à leur sommet. C'est donc aux moments où la demande est beaucoup plus faible, et les prix à l'avenant, que l'on vend nos surplus - autour de 3 ¢/kWh.
Pas étonnant, donc, que la Commission sur les enjeux énergétiques ait recommandé d'annuler ou de suspendre les futurs contrats d'achat d'énergie éolienne.
Mais on n'a pas fini d'entendre Hydro-Québec invoquer le vent pour justifier ses hausses tarifaires. Les parcs éoliens annoncés en grande pompe ces dernières années ne font que commencer à produire de l'électricité : alors que la société d'État n'a acheté «que»5,3 térawattheures (TWh) d'électricité renouvelable (très principalement de l'éolien) en 2012, les contrats déjà signés prévoient qu'elle devra en acheter 28 TWh en 2020...