Les six formations syndicales digèrent mal le lancement de l'appel d'offres pour l'attribution de 800 mégawatts pour de nouveaux projets éoliens en Gaspésie-Iles-de-la-Madeleine et dans le Bas-Saint-Laurent.

L'éolien a de l'avenir, assure la ministre Martine Ouellet

L'industrie éolienne n'a pas à s'inquiéter pour son avenir, assure la ministre Martine Ouellet, qui veut que davantage de composantes techniques soient fabriquées au Québec.
La titulaire des Ressources naturelles a dû apaiser les inquiétudes de l'Association canadienne de l'énergie éolienne (CanWEA), mardi. Alors que les carnets de commandes des entreprises du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie se vident, Québec tarde à lancer l'appel d'offres pour 700 MW prévu dans la stratégie énergétique 2006-2015. Quelque 5000 emplois dépendent de cette industrie.
«Nous travaillons à renforcer cette industrie et à maximiser les retombées économiques régionales en travaillant sur la prévisibilité à moyen et long terme pour attirer au Québec la fabrication des composantes stratégiques», a déclaré la ministre Ouellet.
Calmer le jeu
Plus tôt, ses collègues ministres responsables du Bas-Saint-Laurent, Pascal Bérubé, et de Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Gaétan Lelièvre, ont aussi voulu calmer le jeu.
«On retarde un petit peu à faire des belles annonces, mais les annonces vont être inégalées en termes de contenu pour ma région», a affirmé le ministre Lelièvre. Selon lui, le gouvernement cherchera toujours à obtenir «dans les horizons du 700 MW» d'énergie éolienne. M. Bérubé, lui, assure que les acteurs de l'industrie «seront au courant très bientôt» des intentions gouvernementales.
Fin février, la ministre Ouellet a semé de l'incertitude en affirmant qu'elle était «en train d'analyse l'ampleur» des besoins énergétiques du Québec. La chute des prix de l'énergie et les surplus font en sorte que l'éolien est produit à perte. Elle insistait néanmoins sur l'importance d'appuyer les manufacturiers de l'industrie éolienne québécoise.
Mardi, la ministre a fait valoir qu'une meilleure planification de la production d'électricité éolienne offrirait un avantage au Québec pour générer des investissements. «Nous pourrions être la meilleure place au monde pour la prévisibilité, et utiliser ce facteur compétitif pour attirer la fabrication de composantes stratégiques», a déclaré Mme Ouellet.
Le porte-parole libéral en matière d'énergie, Pierre Paradis, a plaidé pour l'achat par Québec des 700 MW promis par le précédent gouvernement. Selon lui, les surplus d'énergie verte peuvent servir d'outil de développement économique et permettre des retombées importantes en région et pour le gouvernement.