Le ministre du Travail, Jean Boulet

L'entente sur la formation de la main-d'oeuvre arrive à point nommé

MONTRÉAL — La nouvelle entente Canada-Québec en matière de formation de la main-d'oeuvre arrive à point nommé, alors que des entreprises refusent des contrats ou ferment, faute de main-d'oeuvre ou de travailleurs adaptés aux besoins du marché du travail, estime le ministre du Travail, Jean Boulet.

Comme prévu, Québec et Ottawa ont annoncé, jeudi à Montréal, le renouvellement de l'entente sur la formation de la main-d'oeuvre pour 2017-2023, qui prévoit le transfert d'une somme de 5,4 milliards $.

La dernière entente était donc échue depuis 2017. Depuis, Québec utilisait ses propres fonds.

Une somme supplémentaire de 686 millions $ depuis la dernière entente permettra de mieux former ou adapter un plus grand nombre de travailleurs et d'entreprises, a ajouté le ministre Boulet. Les deux en bénéficieront: les travailleurs qui ont besoin de formation et les entreprises qui ont besoin de recourir à de nouvelles technologies, par exemple. Grâce à cet ajout, 240 000 travailleurs de plus pourront bénéficier des mesures.

«C'est une entente taillée sur mesure, taillée selon les besoins du Québec», a lancé à ses côtés le ministre fédéral des Infrastructures et des Collectivités, François-Philippe Champagne. Il a d'ailleurs parlé d'ententes «historiques».

En fait, ce sont deux ententes qui ont été conclues, l'une sur le développement du marché du travail et l'autre sur le développement de la main-d'oeuvre et qui en remplacent d'autres.

La renégociation de ces ententes a été laborieuse, Ottawa exigeant une reddition de comptes sur les programmes financés.

«Le Québec doit maintenir sa spécificité, sa compétence» et une entente fédérale-provinciale doit se faire «dans le respect des compétences de chacun», a souligné la ministre responsable des relations canadiennes, Sonia LeBel. Il semble que les difficultés se soient aplanies à la veille de la campagne électorale fédérale.

Le ministre Boulet s'est félicité du fait que l'entente négociée permettra de s'adapter aux réalités du marché du travail qui diffèrent d'une région à l'autre: certaines sont aux prises avec un exode des jeunes, d'autres avec un marché du travail plus saisonnier, par exemple.

Réactions

Le groupe Manufacturiers et exportateurs du Québec s'est réjoui de l'entente. «On souhaite que ces sommes mènent à l'augmentation des compétences de base des travailleurs, afin qu'ils aient l'occasion de s'adapter à l'évolution des technologies et aux besoins des manufacturiers», a comment sa pdg, Véronique Proulx.

Au Conseil du patronat du Québec, le pdg Yves-Thomas Dorval a noté que le regroupement de trois ententes sous le chapiteau de l'Entente sur le développement de la main-d'oeuvre - l'une des deux annoncées - permettra en plus de «réduire considérablement la lourdeur administrative».

Le CPQ espère que les critères d'admissibilité seront réellement adaptés à la réalité du Québec et ne pas se limiter aux régions où le taux de chômage est élevé.

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FORMATION DES GRUTIERS: LA DÉCISION DU MINISTRE LA SEMAINE PROCHAINE 

MONTRÉAL - C'est la semaine prochaine que le ministre du Travail, Jean Boulet, fera connaître sa position finale dans le dossier de la formation des grutiers.

Les grutiers avaient fait une grève illégale dans l'ensemble des chantiers du Québec, en juin 2018, pour protester contre un nouveau règlement qui modifiait les règles de leur formation. La grève était illégale, puisque les conventions collectives étaient encore en vigueur dans l'industrie de la construction - et elles le sont d'ailleurs encore. Les grutiers soutenaient que les nouvelles règles touchant la formation posaient problème pour la sécurité du public et la sécurité des ouvriers.

Ils étaient finalement revenus au travail après plusieurs jours de grève et une ordonnance du Tribunal administratif du travail.

Puis un comité d'experts avait été formé par Québec pour évaluer la sécurité du fameux règlement sur la formation des grutiers qui avait mis le feu aux poudres.

Le groupe d'experts avait rendu son rapport en mars dernier, concluant que le Programme de formation en entreprise était effectivement, «sous sa forme actuelle, insuffisant pour assurer l'apprentissage et l'intégration des notions de base nécessaires à la conduite sécuritaire d'une grue». Les experts avaient donc recommandé d'améliorer la formation de base pour devenir grutier.

Après la publication du rapport, le ministre a tenu une journée de consultation, ce printemps, pour «permettre à tous les partenaires de discuter de la faisabilité et de la mise en application des mesures proposées par les deux experts».

À la suite de cette journée de consultation, il fera connaître sa position finale la semaine prochaine. «Là, je suis en train de façonner ma décision, en tenant compte de ces discussions-là et du rapport du comité d'experts», a-t-il indiqué jeudi, après qu'il eut participé à une conférence de presse pour annoncer la conclusion de l'entente Canada-Québec sur la formation de la main-d'oeuvre.

«C'est pour bientôt; mon objectif, c'est d'annoncer ça la semaine prochaine», a-t-il confié. Lia Lévesque, La Presse canadienne