Le ministre des Finances Carlos Leitão

Leitão se prononce sur Énergie Est dans le Wall Street Journal

La suggestion du ministre des Finances du Québec, Carlos Leitão, de faire table rase et recommencer au complet le processus d'évaluation du projet Énergie Est par l'Office national de l'énergie suscite des réactions mitigées au Québec. M. Leitão a fait cette déclaration dans une entrevue au Wall Street Journal, qui fait état d'une forte opposition au projet d'oléoduc au Québec.
Interrogé sur cette suggestion à Québec mercredi, le ministre de l'Environnement, David Heurtel, n'a pas voulu suivre son collègue des Finances sur cette voie, indiquant qu'il n'était pas de son ressort «de commenter ou de ne pas commenter les propos d'un collègue». «C'est une décision qui va devoir être prise par le gouvernement fédéral», a-t-il dit. Le ministre Heurtel a rappelé que le Québec mène sa propre évaluation du projet par le biais du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement et que cette démarche est conforme aux lois et règlements du Québec.
De son côté, le chef intérimaire de l'opposition péquiste, Sylvain Gaudreault, a reproché au gouvernement Couillard de ne pas défendre ses propres positions dans le dossier de l'oléoduc Énergie Est, du promoteur TransCanada. «On a un gouvernement qui ne se tient pas debout», a-t-il soutenu. Il a rappelé que le gouvernement libéral avait imposé sept conditions pour que ce projet soit acceptable à ses yeux dont, notamment, des retombées économiques significatives, mais qu'on avait abandonné en cours de route l'idée d'un port au Québec.
Peu de chances de réussite
Quant au Wall Street Journal, celui-ci rapporte également les propos de Robert Hope, analyste en infrastructures énergétiques à la Banque Scotia, dans une note aux investisseurs, où il affirme que «l'opposition au projet est trop forte pour être surmontée». Dans sa note, l'institution évalue à 25 % les chances de réussite du projet, qui doit transporter jusqu'au Nouveau-Brunswick 1,1 million de barils de pétrole brut par jour en provenance des sables bitumineux dont la quasi-totalité est destinée à l'exportation.