La Fed a lancé un nouveau programme de 300 milliards $US d’aides aux entreprises.

L'effet Fed aura été de courte durée sur les marchés

PARIS — Si les annonces de la Fed ont permis de réduire un peu les pertes en Europe, précipitées par l’impasse à Washington sur un plan de relance et la cascade d’avertissements sur résultats, elles n’ont toutefois pas suffi pour que Wall Street ouvre dans le vert.

Après des reculs en série en Asie, Tokyo faisant toutefois exception grâce à l’affaiblissement du yen et au décollage de SoftBank Group, l’Europe avait mis le cap au rouge aussi.

Si la pression s’est momentanément allégée quand la Réserve fédérale américaine a présenté à la mi-journée toute une série de mesures permettant à un large éventail d’entreprises d’accéder à de l’argent frais pour survivre aux «graves bouleversements» économiques provoqués par le nouveau coronavirus, l’effet positif a été de courte durée.

La Fed a rappelé qu’elle ferait tout pour aider les marchés à continuer à fonctionner et lancé un nouveau programme de 300 milliards $US d’aides pour «soutenir le flux de crédit aux employeurs, aux consommateurs et aux entreprises».

Rouge à Wall Street

Pour autant, cela n’a pas empêché Wall Street de démarrer dans le rouge, après avoir achevé vendredi sa pire semaine depuis la crise financière de 2008.

Vers 15h, après des pertes plus prononcées en début de séance, Paris perdait toutefois toujours 1,97 %, Francfort 2,06 % et Londres 2,70 %. Milan se repliait, pour sa part, de 1,01 % et Madrid de 2,77 %.

«L’approfondissement de la crise sanitaire» et «l’absence de plan de secours américain» ont pesé lourdement sur les actions dans la matinée, a résumé David Madden, un analyste de CMC Markets.

Côté changes, l’euro a grimpé temporairement de plus de 1 % face au dollar lundi après l’annonce de nouvelles mesures par la Réserve fédérale américaine et alors qu’il était tombé à un nouveau plus bas en trois ans en début de séance.

Les cours du pétrole en recul en début de séance européenne, se sont légèrement redressés après l’annonce de la Fed. Le baril de WTI, référence américaine est repassé dans le vert (+0,75 %) et le Brent limitait ses pertes (-3,08 %).

Si l’annonce de la Fed a pu apaiser, c’est aussi parce que les tensions qui s’exercent sur les entreprises figurent en tête des préoccupations.

Et la série d’avertissements sur résultats ou de mesures d’économies drastiques, comme à Paris pour TF1, Saint-Gobain, Airbus, Vinci, Total, Kering, est venue en témoigner ce matin.

Le transporteur aérien Singapour Airlines a également annoncé garder au sol la majorité de sa flotte jusque fin avril, ajoutant faire face au plus grand défi de son existence.

L’accès au crédit sur le marché de la dette pour les entreprises les plus vulnérables est en particulier très surveillé.

C’est ce qu’«il faut regarder en priorité», car s’y manifeste «la crainte de voir des faillites arriver aux États-Unis», a noté Alexandre Baradez, un analyste de IG France.

«Nous avons un édifice qui s’est affaissé très fortement et là, nous sommes en train d’injecter du béton sous l’édifice», a-t-il ajouté, en estimant que «la question est désormais de savoir à quel moment les parties monétaire, budgétaire et sanitaire permettront d’arriver à un produit global qui redevient positif pour les marchés».