LeddarTech est spécialisée dans le développement de technologie pour le marché de la conduite autonome.

LeddarTech obtient 130 millions $ pour son développement international

LeddarTech fait tourner les têtes des investisseurs étrangers. L'entreprise québécoise obtient 130 millions $ pour propulser à l'international sa technologie de détection LiDAR.
En contrepartie, les actionnaires ont cédé des parts de l'entreprise aux investisseurs américains et européens. La firme OSRAM devient propriétaire à 25 %. Le magot provient aussi des compagnies spécialisées dans la fabrication de produits pour le domaine de l'automobile comme Delphi, Magneti Mareilli et Integrated Device Technology. Le Fonds de solidarité FTQ a également déplié des billets verts.
«Il y a quatre ans, nous pensions fermer cette société. On considérait qu'il n'y avait pas de valeur. Aujourd'hui, nous jouons dans la cour des grands. Nous sommes positionnés à l'échelle mondiale», se réjouit Charles Boulanger, pdg de LeddarTech. Ce dernier a fait l'annonce de sa récolte financière jeudi au Musée national des beaux-arts du Québec en compagnie du maire Régis Labeaume. «Nous sommes les mieux positionnés au monde pour capitaliser sur l'opportunité du LiDAR pour la conduite autonome», poursuit-il, assurant que la compagnie est toujours majoritairement de propriété québécoise. 
LeddarTech, qui se spécialise dans le développement de systèmes de détection et de télémétrie d'objets pour le marché de la conduite autonome, travaille depuis plus de dix ans sur son produit LiDAR (light detection and ranging). En 2014, la compagnie avait signé une entente avec Valeo, l'un des principaux fournisseurs de composants et de systèmes intégrés pour de grands constructeurs comme Audi, BMW, Mercedes et Aston Martin, pour ne nommer qu'eux.
Bientôt, entre 2020 et 2025, la technologie québécoise qui s'intègre dans des phares des véhicules devrait se retrouver sur les routes à travers le monde, parole du pdg. D'ailleurs d'ici trois ans, le LiDAR devrait représenter un marché de plusieurs milliards de dollars, estiment différents experts du milieu. 
«D'ici les 20 prochaines années, les modes de transport changeront. Les véhicules évolueront vers une autonomie de conduite de plus en plus complète. La course pour maîtriser cette technologie bat déjà son plein. L'élément clé pour permettre la réalisation de la voiture autonome passe par l'industrialisation du LiDAR», estime le grand patron. «Avec nos nouveaux investisseurs, nous avons signé des ententes commerciales. Ils deviennent des partenaires pour nos produits. [...] Nous voulons devenir un leader dans notre marché, et ce, à partir de Québec», poursuit-il.
Ce spin-off de l'Institut national d'optique (INO) compte aujourd'hui 70 employés, soit 45 de plus qu'en 2015. Une quarantaine de nouveaux cerveaux devraient se greffer à la famille au cours des six prochains mois, selon les prévisions de la direction. D'ailleurs, M. Boulanger a interpellé le maire de Québec durant son discours lui demandant un coup de pouce dans sa quête à la recherche de nouveaux talents. Avec un taux de chômage de 4 %, plusieurs entreprises de la région éprouvent depuis plusieurs mois des difficultés à trouver des travailleurs qualifiés.
«Nous allons agrandir nos installations à Québec dès cet automne», avance M. Boulanger, qui n'envisage pas pour le moment d'ouvrir de nouveaux bureaux à l'international. 
Du côté du maire, qui a salué au passage le modèle d'affaires de LeddarTech, des solutions doivent effectivement être trouvées pour régler le problème de main-d'oeuvre dans la région.
«Aujourd'hui, nous avons un coup de circuit. [...] LeddarTech a été une vitrine technologique à la Ville de Québec», indique M. Labeaume. «Québec est complexe. Nous avons un écosystème où il y a le nécessaire pour démarrer une entreprise, mais il nous manque la main-d'oeuvre. C'est le monde à l'envers. Il y a deux solutions sur lesquelles on travaille actuellement, soit assouplir les règles d'immigration et attirer les gens de Québec», conclut-il.