Le centre-ville de Matane compte environ 160 commerces. Au cours des six dernières années, le Comité centre-ville a coordonné un programme qui a permis la rénovation de quelque 80 immeubles et résidences.

L'économie de Matane va bien, mais...

Même si sa démographie est en déclin depuis quelques années, la ville de Matane se porte plutôt bien sur le plan économique. C'est du moins ce que croient la majorité des élus et protagonistes du développement économique local.
Selon les données du dernier recensement, Matane est passée de 14 948 habitants en 2001 à 14 537 aujourd'hui. «Les emplois augmentent, même si la population décroît», observe la directrice générale de la Société d'aide au développement des collectivités (SADC) de la région de Matane, Annie Fournier. À preuve, le taux de chômage pour la même période a diminué de moitié, passant de 18,1 % à 9 %. D'ailleurs, Matane doit composer avec une nouvelle réalité : la rareté de main-d'oeuvre spécialisée. Pour pallier cette pénurie, le Centre local de développement (CLD) de la Matanie mise sur les travailleurs immigrants.
Le président de la Chambre de commerce région de Matane ne dresse pas un portrait aussi éloquent. «L'économie de Matane est dans une période de morosité inquiétante depuis plus d'un an, estime Richard Godbout. Les fermetures d'entreprises manufacturières et de commerces de détail sont inquiétantes.» Pourtant, ce n'est pas le constat qu'en fait Annie Fournier. «Je pense qu'économiquement, Matane va bien, tranche-t-elle. Le revenu des ménages augmente sans cesse. Matane n'a connu que des ouvertures de commerces.»
Le secteur de la construction et de la rénovation se porte bien. Jusqu'à maintenant, les investissements totaux, pour la présente année, sont de près de 49 millions $, alors qu'ils étaient de 21 millions $ en 2007. «Quand la construction va, tout va», estime la directrice générale du CLD, Hélène Gagné.
Dur coup et contrepoids
Tous s'entendent pour dire que la crise forestière a donné un dur coup à l'économie matanaise. «On s'est retrouvés avec les fermetures de GDS et de RockTenn», rappelle le maire de Matane, Claude Canuel. Cette fermeture a entraîné la mise à pied d'une centaine de travailleurs.
Selon M. Canuel, c'est le secteur éolien qui a permis à sa ville d'échapper à la morosité économique. «L'éolien a permis de faire contrepoids, soutient-il. Mais l'éolien reste un secteur fragile.» À preuve, l'usine Composites VCI, qui procurait de l'emploi à une quarantaine de personnes dans le parc industriel de Matane, a fermé ses portes au début novembre. «Le seul créneau qui semble poindre à l'horizon est l'entretien des composants dans le secteur éolien», croit Richard Godbout. D'ailleurs, Matane nourrit beaucoup d'espoir par rapport à l'ouverture attendue de l'appel d'offres de 700 MW orphelins par le nouveau gouvernement du Québec.
Diversification
Avec son millier d'entreprises, Matane tire son épingle du jeu par la diversification de son économie. Tandis qu'un groupe de citoyens matanais s'était opposé à la construction d'un magasin Walmart dans leur ville en 2004, le maire y voit plutôt un effet bénéfique. «La vitalité commerciale a beaucoup augmenté, estime M. Canuel. On attire les gens de la Haute-Gaspésie et de la Matapédia. Les gens vont chez Walmart, mangent au restaurant et vont dans des petites boutiques.»
Centre-ville dynamique
La ville la plus à l'est du Bas-Saint-Laurent a aussi mis beaucoup d'efforts dans la revitalisation de son centre-ville. Ouverte au printemps, une nouvelle résidence pour aînés a fait augmenter la population du centre-ville d'une centaine de personnes. «Les gens sont heureux d'y habiter et ils magasinent au centre-ville avec leurs famille et amis», se réjouit la présidente du Comité centre-ville de Matane, Sonia D'Anjou.
Le centre-ville compte environ 160 commerces. Au cours des six dernières années, le Comité centre-ville a coordonné un programme qui a permis la rénovation de quelque 80 immeubles et résidences du centre-ville.