Pour le moment, RNC Média demeure propriétaire de CHOI ainsi que de 91,9 Sports à Montréal.

Leclerc Communication largue CHOI Radio X

Devant le refus du CRTC de lui permettre de posséder trois stations radiophoniques FM de langue française dans le marché de Québec, Leclerc Communication, déjà propriétaire de WKND et de BLVD, abandonne l’idée de se porter acquéreur de CHOI Radio X.

Ne cachant pas la «déception» de la direction, Stéphanie Friess, directrice adjointe au marketing, a expliqué dans un communiqué émis en fin de journée, mardi, que l’acquisition de la station de la Grande-Allée, propriété de RNC Média, représentait «une opportunité et non une finalité.»

«Leclerc Communication a le vent dans les voiles et nous orienterons maintenant nos efforts vers d’autres opportunités de croissance pour continuer de faire évoluer notre belle entreprise», a-t-elle poursuivi, précisant que BLVD possède «tous les atouts et les capacités pour grimper encore plus dans les sondages et se tailler une belle place dans le paysage radiophonique de Québec».

Plus tôt, en entrevue au Soleil, Stéphanie Friess avait réitéré la ferme intention de la compagnie de ne pas se départir des stations musicales WKND et de BLVD pour se conformer aux exigences du CRTC. «On s’en tient à ce qu’on a toujours dit de nos stations actuelles. Ç’a toujours été clair et ça le reste toujours.»

Sur Twitter, Leclerc Communication a été on ne peut plus affirmatif : «La transaction avec RNC Média ne se concrétisera pas».

Contrepoids à Bell et Cogeco

Dans sa décision dévoilée mardi, à la suite des audiences du 20 février tenues à Québec, le CRTC dit approuver l’autorisation de Leclerc Communication d’acquérir CHOI-FM et la station montréalaise 91,9 Sports (CKLX-FM), mais refuse dans un second temps l’«exception à la propriété commune» permettant à la compagnie de détenir trois stations de langue française dans le même marché.

Le CRTC exigeait que Leclerc Communication dépose au plus tard le 30 mai un plan afin de se conformer à cette politique. Tout indique que l’affaire n’ira pas plus loin, d’autant plus que l’organisme fédéral accorde rarement des exceptions dans sa politique sur la propriété commune.

Dans ses représentations devant l’organisme fédéral, Leclerc Communication avait fait valoir que l’arrivée d’un «petit joueur indépendant» permettrait de créer «un contrepoids modeste à la domination de Bell et de Cogeco» dans l’industrie radiophonique francophone au Québec.

«L’incidence de la concurrence serait à peine perceptible dans le marché de Québec», avait soutenu la compagnie, tout en reconnaissant qu’avec l’exception demandée, Leclerc Communication prendrait la pôle position dans le marché, avec une part combinée de 28,5%.

En août dernier, lors de l’annonce de la transaction, Pierre R. Brosseau, copropriétaires de RNC Média avec Jean-Yves Gourd, n’avait pas caché son enthousiasme, soutenant que Leclerc Communication lui apparaissait «sûrement comme le meilleur acquéreur». Pour le moment, RNC Média demeure propriétaire de CHOI et de 91,9 Sports.

Pancarte À vendre

Pour l’analyste du monde radiophonique Claude Thibodeau, il est clair que la décision de Leclerc Communication s’avère «une fin de non-recevoir» face aux exigences du CRTC qui n’a pas voulu faire «un cas d’exception à Québec».

«Quand les Leclerc ont eu cette opportunité [d’acquérir CHOI], c’est justement parce que la règle, à laquelle ils demandent maintenant une exception, s’est appliquée dans le cas de Cogeco qui avait été obligé de vendre des stations. C’est ironique de voir qu’une fois qu’ils sont venus au monde par césarienne, ils veulent s’objecter à la pratique de la césarienne.»

Pour M. Thibodeau, tout indique que «la pancarte À Vendre va revenir sur la devanture» de CHOI Radio X. Reste à voir quel acheteur lèvera la main, dans un marché radiophonique de plus en plus compétitif.

«CHOI possède une saveur particulière. On aime ou on n’aime pas. La station est sûrement encore rentable, mais c’est un produit pour les hommes. Il y a une énorme partie du marché publicitaire destiné aux femmes qui leur échappe. L’auditoire féminin ne va pas à CHOI parce que le ton abrasif de la station ne lui convient pas.»