En février de l'an dernier, M. Laurin a comparé les prix de 47 vins vendus à la SAQ et à la LCBO. En moyenne, la LCBO est moins chère que la SAQ pour tout type de vin, a-t-il conclu.

Le vin moins cher en Ontario, prouve un chercheur

Les résidents de Gatineau n'ont peut-être pas le droit, mais ils sont nombreux à se rendre à Ottawa pour rapporter du vin de la Liquor Control Board of Ontario (LCBO), l'équivalent ontarien de la Société des alcools du Québec (SAQ).
Du point de vue de leur portefeuille, ils ont bien raison, soutient Frédéric Laurin, professeur en économie à l'Université du Québec à Trois-Rivières.
En février de l'an dernier, M. Laurin a comparé les prix de 47 vins vendus à la SAQ et à la LCBO. En moyenne, la LCBO est moins chère que la SAQ pour tout type de vin, a-t-il conclu. L'écart est plus grand pour les bouteilles moins chères et il l'est moins pour les plus coûteuses.
L'écart moyen pour un vin de moins de 15 $ s'élève à 13,87 %, mais il baisse à 9,72 % pour les vins de plus de 30 $. Bref, les amateurs de vin sont désavantagés dans la Belle Province, en particulier les moins fortunés, souligne Frédéric Laurin.
Le constat de Frédéric Laurin fait écho à la revendication de Robert Michon, un citoyen de Québec qui a déposé une pétition sur le site de l'Assemblée nationale pour que les Québécois puissent importer légalement du vin des autres provinces canadiennes sans passer par la SAQ.
S'il était légal pour les Québécois d'acheter du vin à la LCBO et de le rapporter à la maison ou même de le commander, «ça permettrait indirectement d'avoir de la concurrence au niveau de la SAQ», qui est un monopole, plaide-t-il. «La SAQ perdrait de l'argent ou elle devrait baisser ses prix.»
Mais ce n'est pas le cas. Malgré la modification l'été dernier d'une loi fédérale qui interdisait le commerce interprovincial du vin, il est toujours interdit au Québec d'importer du vin des autres provinces sans payer des droits, des taxes et une majoration à la SAQ. Les contrevenants s'exposent à des amendes de 500 à 1000 $.
Libéralisation partielle
Dans son livre Où sont les vins? (2009), M. Laurin plaide notamment pour une libéralisation partielle du marché des vins au Québec.
À la SAQ, «la marge de profit est nettement exagérée, dénonce-t-il. Ils doivent payer leurs employés et tout, mais quand même, dans la distribution, les marges sont entre 20 % et 30 %».
Hier, Le Soleil rapportait que la levée de la barrière québécoise à l'importation du vin des autres provinces est un scénario «à l'étude» au ministère des Finances, tandis que la SAQ «évalue de son côté un certain arrimage avec les autres provinces».
Selon une compilation effectuée par la Canadian Association of Liquor Juridictions, le Québec est la seule province qui n'autorise pas ses citoyens à rapporter de l'alcool des autres provinces. Lorsqu'il s'agit de se faire livrer du vin d'une autre province à la maison, par contre, le Québec l'interdit comme toutes les provinces, sauf le Manitoba et la Colombie-Britannique.
Lundi soir, plus de 1030 personnes avaient signé la pétition de M. Michon.
Comparaison LCBO-SAQ
En moyenne, la LCBO est moins chère que la SAQ pour tout type de vin, mais l'écart moyen de prix diminue avec des vins plus chers.
Écart moyen de prix pour les vins de moins de 15 $ : 13,87 %
Écart moyen de prix pour les vins de moins de 17 $ : 12,54 %
Écart moyen de prix pour les vins entre 17 $ et 30 $ : 9,97 %
Écart moyen de prix pour les vins de plus de 30 $ : 9,72 %
Source : Frédéric Laurin, Département des sciences de la gestion UQTR, comparaison basée sur 47 produits, analyse réalisée en février 2012