Les premiers postes de travail assis-debout ont fait leur apparition il y a quatre ans. Dans un mois, plus de 300 auront de tels bureaux.

Travailleurs: debout!

Regardez bien le bureau à hauteur fixe devant vous. Il pourrait bientôt finir ses jours au musée ou au centre de recyclage.
Place aux stations de travail permettant d'alterner le travail assis et debout! 
En juillet, les 380 employés de la multinationale Olympus à Québec s'installeront dans un nouveau complexe de 35 millions $ dans l'Espace d'Innovation Michelet.
Environ 300 d'entre eux, principalement des salariés affectés à des tâches administratives, auront à leur disposition une table de travail ajustable.
«Nous répondons à une demande grandissante venant de nos employés», explique Marie-Pier Denis, conseillère en ressources humaines et responsable du dossier de la santé au travail chez Olympus dans la capitale.
Les premiers postes de travail assis-debout ont fait leur apparition il y a quatre ans dans l'entreprise spécialisée dans la conception et la fabrication de technologies avancées de contrôle non destructif. 
«C'était dans le cadre d'un projet pilote visant à vérifier s'il était possible de les intégrer dans notre milieu de travail, à identifier les emplois les mieux adaptés au travail assis-debout, à mesurer les effets de l'alternance des postures sur la productivité et à déterminer, finalement, s'il valait la peine d'investir pour l'achat de tables ajustables», précise Mme Denis.
Une dizaine de travailleurs ont participé à l'expérience, qui s'est avérée concluante. 
«Les commentaires de nos volontaires ont été très très positifs. Ils ont avoué avoir ressenti un réel bénéfice pour leur santé. Ils avaient plus d'énergie à la fin de la journée de travail. Ils avaient aussi moins tendance à s'endormir de retour au boulot après le lunch.»
Actuellement, une quarantaine d'employés ont une table de travail ajustable. Dans un mois, ce nombre passera à plus de 300.
Une station de travail ajustable coûte plus cher qu'un bureau à hauteur fixe, mais l'investissement en vaut la peine, insiste Marie-Pier Denis. «Ça permet de contribuer à la satisfaction au travail de nos employés et, veut, veut pas, c'est un atout supplémentaire dans notre stratégie d'attraction des talents.»
Bougez aux 30 minutes! 
Olympus recommande à ses employés d'éviter de travailler debout plus de 15 minutes par heure. Travailler en position statique debout peut entraîner des problèmes au niveau du dos et des jambes.
«Tant la position debout qu'assise peut comporter un risque pour la santé», tient à souligner Véronique Goyette, ergonome et chargée de projet chez Entrac, une organisation qui conseille les entreprises en matière d'ergonomie au travail.
Il y a des risques à travailler trop longtemps debout : douleurs au bas du dos et aux membres inférieurs, fatigue des muscles posturaux, problèmes articulaires aux genoux et aux hanches, etc.
Il y a aussi des risques à la position assise prolongée. Ils sont liés au phénomène de la sédentarité, dont l'obésité ou l'hypertension.
«L'objectif, c'est de bouger le plus possible dans la journée. Idéalement, de changer de position chaque 30 minutes», recommande Véronique Goyette en signalant qu'il existe une panoplie d'applications permettant de recevoir des alertes indiquant que le moment de se remuer est venu. 
Pour elle, il y a un réel engouement pour les stations de travail permettant d'alterner entre une position assise et debout. «Les employeurs y voient une occasion d'améliorer la santé de leur personnel et de les rendre plus heureux au travail.»
Selon Mme Goyette, l'utilisation de bureaux réglables peut être une solution intéressante pour les travailleurs dont les tâches ne leur permettent pas de se déplacer à leur guise. C'est le cas, entre autres, pour les préposés dans les centres d'appels.
Faire des réunions en marchant...
Des trucs pour «dynamiser» le travail du bureau, Entrac en suggère quelques-uns sur son blogue.
• Éloigner les imprimantes des postes de travail.
• Installer les salles de réunion et la cafétéria loin des aires de travail.
• Prévoir des espaces pour tenir des réunions en position debout.
• Faire des réunions en marchant. 
• Utiliser les marches plutôt que l'ascenseur.
• Se stationner le plus loin possible de l'entrée.
• Se déplacer au poste de travail d'un collègue plutôt que lui envoyer un courriel.
Une meilleure productivité
Une étude réalisée par la Texas A & M Health Science Center School of Public Health auprès de 167 employés d'un centre d'appels montre que les salariés travaillant en alternance assis et debout affichaient une productivité de 46 % supérieure à celle de leurs collègues assis à des bureaux standards.
«Ils ont effectué entre 0,4 et 0,5 appel de plus par heure que leurs camarades», rapporte Azergo, une société française qui propose des solutions ergonomiques aux entreprises.
Dans un centre d'appels, les préposés passent de 90 % à 95 % de leur temps de travail assis. Dans le cas des employés de bureau, le pourcentage varie entre 30 % et 50 %.
Azergo avance que les coûts nécessaires à l'installation des bureaux à hauteur variable sont «largement compensés» par l'accroissement de la productivité.
En ce qui a trait à leur santé, les salariés travaillant en alternance assis et debout affirment dans une proportion de 75 % qu'ils ont ressenti une diminution de leurs douleurs physiques au terme de l'étude menée pendant six mois.