La Vérificatrice générale Guylaine Leclerc, en avant-plan, avec son équipe de direction composée, dans l'ordre, de Serge Giguère, Jean-Pierre Fiset, Marcel Couture, Lyne Bergeron, Christine Roy, Pierre Morissette et Paul Lanoie.

Remarquable, ce Vérificateur général!

À l'époque où elle évoluait dans le secteur privé, Maryse Grondin parvenait à pourvoir un poste en deux ou trois semaines. Au gros maximum.
Aujourd'hui directrice des ressources humaines au Vérificateur général du Québec, il lui en faut plus de deux mois. Au gros minimum.
«Il est impossible de tenir un processus de qualification en moins de 60 jours. Pourtant, ici, nous sommes des champions. Nous nous plaçons toujours en mode vitesse grand V lorsque nous devons combler des postes.»
Même si le Vérificateur général (VG) relève de l'Assemblée nationale, comme le Protecteur du citoyen, le Directeur général des élections ou le Commissaire au lobbyisme, il est assujetti au processus de dotation en personnel de la fonction publique. 
Aucun passe-droit pour le chien de garde de la bonne gestion des deniers publics. «Ça nous cause des maux de tête», avoue Maryse Grondin. 
L'effectif du VG - environ 280 personnes - est composé de 80 % de professionnels détenant un diplôme de maîtrise, dont un imposant contingent de comptables professionnels agréés (CPA). 
Des spécialistes des chiffres en forte demande partout. Dans le secteur privé, notamment.
«Évidemment, ça ne nous aide pas lorsque les délais du processus de qualification sont un petit peu trop longs. On les connaît les jeunes de la génération des milléniaux. En l'espace de 14 jours, ils peuvent passer d'un emploi à un autre tout simplement parce qu'ils ont envie de changer de décor.»
Difficile, donc, pour le VG - et pour l'ensemble des ministères et organismes - de rivaliser avec les employeurs du privé qui, eux, peuvent virer sur un dix cennes pour être en mesure de recruter rapidement la perle rare.
Surtout que les cabinets comptables, par exemple, sont en mesure d'offrir des salaires plus élevés, bien que les avantages sociaux sont généralement plus intéressants dans la fonction publique. 
De 10 000 $ à 25 000 $ de plus, selon les années d'expérience. Ce qui rend pratiquement impossible le recrutement de CPA qui sont sur le marché du travail depuis huit, dix ou quinze ans.
«Nos jeunes, il faut les retenir et essayer de leur offrir, dans la mesure du possible, les conditions de travail qu'ils souhaitent avoir», convient la directrice des ressources humaines.
Encore là, le défi n'est pas de tout repos.Les ministères et organismes ont des tas de postes d'encadrement à pourvoir et font les yeux doux aux professionnels du VG qui ambitionnent, un jour, prendre du galon. «Puisque nous ne pouvons pas évidemment offrir des postes de cadre à toutes nos ressources hautement qualifiées, nous en perdons malheureusement quelques-unes en cours de route.»
Employeur remarquable
Chaque trois ans, depuis 2009, le Vérificateur général réalise un sondage pour mesurer la mobilisation des troupes.
Cette année, il a poussé la consultation plus loin en s'inscrivant dans une démarche lui permettant d'obtenir la certification Employeur remarquable du Bureau de normalisation du Québec. Cette reconnaissance, la vérificatrice générale, Guylaine Leclerc, l'a fièrement reçue à la fin du mois de mai. 
«Nous estimons qu'une marque employeur forte procure des avantages pour attirer des talents et pour assurer la rétention du personnel», signale Maryse Grondin.
Un sondage organisationnel, Employeur remarquable, permet à une organisation de connaître l'importance que le personnel accorde à une soixantaine de pratiques qui régissent les relations entre le patron et les employés ainsi que la perception de ces derniers à l'égard de l'habileté des gestionnaires à appliquer ces pratiques avec succès.
Ainsi, parmi les façons de faire les plus appréciées, il y a celles touchant le comportement des superviseurs qui sont justes envers l'ensemble des membres de leur équipe et qui maîtrisent bien leurs émotions ou la qualité de l'accueil réservé aux nouveaux employés ou encore la tolérance zéro à l'égard de la discrimination ou du harcèlement.
Par contre, les employés soulignent que la communication pourrait être plus fluide et que l'organisation pourrait en faire plus pour se démarquer. Et il y a la rémunération qui n'est pas suffisante. «À ce sujet, nos bras sont attachés. Nous ne pouvons pas faire grand-chose.»
L'obtention de la certification Employeur remarquable va nécessairement être la carte maîtresse du VG qui veut accroître sa visibilité au cours des prochains mois.
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Le pouvoir d'attraction du VG
Des «missionnaires», les employés du Vérificateur général?
Le VG, c'est un redresseur de torts. 
Pas pour rien que ses auditeurs sont souvent reçus comme des chiens dans un jeu de quilles lorsqu'ils procèdent à un audit dans un ministère!
Rigoureusement, le VG relève les travers de l'administration publique dans le but d'améliorer les pratiques de gestion dans l'appareil gouvernemental.
La publication de ses rapports attire l'attention des médias et du grand public.
«Les jeunes sont interpellés par notre mission qui est, fondamentalement, de changer les choses», explique la directrice des ressources humaines, Maryse Grondin.
Lorsque se termine la «course aux stagiaires» qui se déroule dans les universités au cours des mois de septembre et d'octobre, le Vérificateur général parvient toujours à faire le plein de candidats.
Bon an mal an, le VG reçoit entre 200 et 300 demandes d'étudiants en sciences comptables désireux d'obtenir un stage en audit. «C'est évidemment bien au-delà de notre capacité d'accueil», fait remarquer Mme Grondin.