Selon un sondage mené par Accountemps, 58 % des travailleurs interrogés affirment qu'ils vivent quotidiennement du stress au boulot. Et 70 % d'entre eux estiment que la pression au travail a augmenté dans les cinq dernières années.

«Patron, c'est trop!»

Leurs employés ont de la broue dans le toupet et les patrons n'y voient que du feu.
Tel est l'un des constats dressés par Accountemps, une filiale de Robert Half, une importante société spécialisée, entre autres, en service de dotation de personnel.
Accountemps vient de rendre publics les résultats d'une enquête d'opinion menée au Canada auprès de 400 employés de bureau et 270 dirigeants.
Le verdict de ce nouveau coup de sonde confirme les conclusions de nombreuses recherches effectuées sur le sujet. 
Le stress gagne du terrain dans les milieux de travail.
En effet, 58 % des travailleurs interrogés affirment qu'ils vivent quotidiennement du stress au boulot.
Et 70 % d'entre eux estiment que la pression au travail a augmenté dans les cinq dernières années.
Les trois grandes sources de stress des travailleurs sont, dans l'ordre, la charge de travail et les échéances successives, la conciliation entre le travail et la vie personnelle et les attentes irréalistes des gestionnaires.
Selon Accountemps, le stress n'a pas de sexe.
En effet, 58 % des femmes et 57 % des hommes affirment qu'ils vivent du stress au travail tous les jours.
En raison, sans doute, de leurs obligations familiales, le stress frappe davantage les jeunes travailleurs.
Le sondage révèle que 60 % des professionnels âgés de 18 à 34 ans admettent qu'ils sont stressés au travail. Pour les «vieux» de 55 ans et plus, le pourcentage est de 55 %.
En plus d'être plus stressés que leurs aînés, les 18 à 34 ans sont aussi plus fatigués. Dans une étude publiée en mars 2016, Accountemps faisait remarquer que 85 % des professionnels de ce groupe d'âge s'endormaient «souvent» au travail. Un pourcentage qui atteignait 75 % pour les 35 à 54 ans et 57 % pour les 55 ans et plus.
«Étant donné que les sociétés doivent agir rapidement pour suivre le rythme d'évolution des besoins de l'entreprise, les employés se retrouvent souvent dépassés devant la charge de travail croissante et les échéances successives», fait savoir Dianne Hunnam-Jones, présidente d'Accountemps au Canada.
«Les entreprises doivent s'assurer que les travailleurs se sentent appuyés en leur fournissant les ressources et les outils adéquats pour établir la priorité des projets, et ce, sans compromettre l'équilibre travail-vie privée», ajoute-t-elle.
Insouciance des patrons?
Le coup de sonde d'Accountemps montre que, trop souvent, les patrons n'ont pas idée de la situation dans laquelle se trouvent leurs salariés.
En effet, à peine 21 % des dirigeants reconnaissent que leurs travailleurs sont stressés.
«Les dirigeants devraient être conscients des signes d'épuisement professionnel, comme une augmentation des heures supplémentaires ou le non-respect des échéances, car ceci peut mener au découragement, à une baisse de la productivité et à un taux de roulement élevé», tient à mentionner Dianne Hunnam-Jones. 
«Faites le point régulièrement avec les employés pour revoir les échéances, cerner les facteurs de stress et trouver des moyens de réduire la pression tout en vous assurant d'atteindre les objectifs de l'entreprise», suggère-t-elle aux patrons.
Selon l'Institut universitaire de santé de Montréal, des niveaux de stress élevés peuvent favoriser l'apparition de maladies infectieuses et augmentent l'incidence des maux de dos. Le stress au travail peut doubler le risque de crise cardiaque.
Citant des travaux de la société britannique Chrysalis Performance, l'Institut universitaire de santé de Montréal indique que le stress en entreprise représente 18 % des coûts d'absentéisme, 40 % des coûts de roulement de personnel, 55 % des coûts des programmes d'aide aux employés, 60 % des coûts des accidents de travail et 10 % de ceux des régimes d'assurance-médicaments.
En 2013, le Conference Board du Canada évaluait que le coût des problèmes de santé mentale ou comportementale pour l'économie s'élevait à 20,7 milliards $ en raison principalement de la baisse de participation au marché du travail. Les prévisions tendent à démontrer que la facture pourrait grimper jusqu'à 30 milliards $ d'ici à 2030.
Selon l'Institut universitaire de santé de Montréal, les coûts d'absentéisme correspondent à un peu plus de 7 % de la masse salariale d'une entreprise. Et la majorité des absences seraient liées au stress.
Des pistes de solution
Pour réduire les effets du stress au travail, Accountemps y va d'une série de conseils.
D'abord pour les dirigeants.
«Rencontrez individuellement les membres de votre équipe pour les aider à prioriser la charge de travail et à établir des attentes réalistes en ce qui concerne les échéances des projets et les résultats attendus. S'il y a trop de travail pour arriver à tout faire, faites appel à du personnel temporaire pour alléger la charge de travail des employés à plein temps.»
Et cette autre recommandation.
«Encouragez les membres de votre équipe à tirer profit des programmes en matière de mieux-être et de gestion du stress. Mettez à leur disposition des cours de yoga ou de méditation. Et pourquoi pas de salles de repos.»
Combattre le stress, c'est aussi l'affaire de l'employé.
Comment?
Notamment, en faisant un bon usage de son temps.
«Au lieu d'essayer de jongler avec deux tâches à la fois, prévoyez des périodes dans la journée pour vous concentrer sur vos principales affectations», fait valoir Dianne Hunnam-Jones.
Et lorsque la pression monte au cours de la journée, apprendre à respirer par le nez.
«Éloignez-vous de votre bureau, allez marcher ou prenez une collation. Oubliez votre ordinateur et concentrez-vous quelques minutes sur une activité sans lien avec le travail.»
En un mot
Stress: Le stress en milieu de travail consiste en des réactions physiques et émotionnelles qui peuvent se produire en cas de conflit entre les demandes liées au travail de l'employé et le degré de maîtrise dont dispose cet employé pour répondre à ces demandes. 
Source: Centre canadien d'hygiène et de sécurité au travail