Dans l'ordre, Antoine Émond-Verreault, Annie Fortin, Marie-Flavie Rodrigue, Sébastien Vachon et Saad Lahrech

Les 55 Pères Noël de Korem

Les 55 employés de Korem seront particulièrement généreux à Noël. Ils le seront notamment grâce au montant de 1000 $ remis par l'entreprise technologique de Québec à chacun d'entre eux afin qu'ils fassent un don à une organisation de bienfaisance de leur choix.
Saad Lahrech et quatre de ses collègues ont choisi le Centre multiethnique de Québec qui accueille les immigrants afin de favoriser leur établissement dans la capitale et de soutenir leur adaptation et leur intégration.
Pour Antoine Émond-Verreault, ça sera Le Rucher, un organisme de Saint-Augustin-de-Desmaures qui vient en aide aux adultes qui veulent en finir avec leur dépendance à l'alcool, aux drogues et aux médicaments.
Son 1000 $, Annie Fortin le versera à La Maison des Petites Lucioles qui offre des services spécialisés de répit et de stimulation aux enfants vivant avec des déficiences intellectuelles ou physiques ou encore un trouble du spectre de l'autisme.
Et comme elle l'avait fait l'an dernier, Korem fera un don de 25 000 $ au refuge multiservice Lauberivière qui a pignon sur rue dans le quartier Saint-Roch.
C'est donc une somme de 85 650 $ - incluant les dons personnels effectués par les salariés et les dirigeants de l'entreprise - que remettront, cette année, Korem et ses 55 employés à 35 des bonnes oeuvres de la région de Québec, fait remarquer la coordonnatrice des projets marketing, Marie-Flavie Rodrigue.
Président de l'entreprise, Sébastien Vachon admet que Lauberivière, c'est son choix. Le choix du patron.
«J'habite Saint-Roch. Je travaille dans Saint-Roch. Mon entreprise a vu le jour sur la rue Du Pont, il y a 23 ans, alors qu'il y avait encore le mail. Chaque matin, je rencontre, chemin faisant, des gens qui, visiblement, ont de la difficulté à joindre les deux bouts. Je suis sensibilisé à ce que peut vivre une partie des habitants du quartier», raconte celui qui a joint les rangs du conseil d'administration de Lauberivière il y a deux ans.
Cette «importance de s'investir dans une cause», c'est ce que veut faire partager Sébastien Vachon à chacun des membres de son personnel en leur demandant de choisir un organisme de bienfaisance dans lequel il souhaite voir Korem offrir un don de 1000 $ en leur nom.
«Je ne pense pas que les employés soient en désaccord avec mon choix de soutenir Lauberivière. Il se peut, par contre, qu'ils aient à coeur d'autres causes. Alors, pourquoi ne pas faire en sorte que l'entreprise puisse les aider à financer les organisations que nos travailleurs veulent appuyer», explique Sébastien Vachon qui a encouragé ses travailleurs à bonifier le don effectué par Korem en leur nom.
L'entreprise suggère d'ailleurs à ses employés d'aller remettre leur don en mains propres aux responsables des organisations de bienfaisance de leur choix et même, éventuellement, à s'impliquer bénévolement au sein de cet organisme.
Pour consulter la liste des organismes qui reçoivent des dons des employés de Korem: http://korem.com/dons/
Faire la différence
Cette participation de tous au bien-être de la collectivité, Sébastien Vachon veut en faire une tradition chez Korem. Et non pas seulement au terme des années au cours desquelles le chiffre d'affaires de la compagnie grimpe de 70 % comme c'est le cas, en 2016.
Un engagement social qui, selon lui, est un juste retour des choses puisque Korem a bénéficié des crédits d'impôt accordés par le gouvernement pour s'enraciner dans le Centre national des nouvelles technologies de Québec.
«Nous connaissons une année exceptionnelle», fait valoir le fondateur de l'entreprise spécialisée dans les technologies de géolocalisation et les solutions logicielles de traitement des données qui aident les sociétés à prendre des décisions stratégiques à partir de la cartographie.
Une croissance qui, d'ailleurs, résonne en espèces sonnantes et trébuchantes pour les employés qui empocheront, cette année, un boni de performance substantiel. Le minimum étant de 2000 $.
La direction de l'entreprise n'est pas sans savoir, non plus, que les travailleurs et les chercheurs d'emploi valorisent les entreprises qui ont une conscience sociale et le coeur sur la main. Elles se classent généralement au sommet des palmarès des meilleurs employeurs.
D'ailleurs, les employés de Korem rencontrés par Le Soleil n'ont pas caché leur fierté d'appartenir à une entreprise qui veut faire une différence dans la collectivité.
La réflexion de Sébastien Vachon sur la façon d'impliquer Korem auprès de la communauté s'est amorcée après que l'entrepreneur en ait eu assez de solliciter ses partenaires d'affaires et de se faire solliciter par ceux-ci.
«Je participe à ta cause. Tu participes à la mienne. On ne fait que s'échanger des 2000 $ et des 5000 $. Et, en général, toutes les causes sont bonnes.»
Bon an mal an, Korem versait entre 10 000 $ à 20 000 $ à de nombreuses oeuvres de charité.
De l'argent plutôt que du bénévolat
Servir de la soupe aux démunis, ce n'est vraiment pas la tasse de thé de Sébastien Vachon même si, parfois, ça peut donner bonne conscience.
«Le bénévolat, je l'ai essayé. Pour vous dire la vérité, je n'étais pas le plus efficace. Il y a plein de gens dont la force est d'en faire, du bénévolat. Moi, ma force, c'est plutôt de fournir aux organismes de bienfaisance les ressources financières dont ils ont besoin afin qu'ils puissent faire la différence dans la collectivité.»
De l'avis du président de Korem, le défi quotidien des organismes d'entraide est de trouver des billets verts. Beaucoup de billets verts.
Et non pas nécessairement de recruter des bénévoles.
«Combien de fois avons-nous entendu l'histoire de cet organisme qui ne savait pas quel boulot proposer à un groupe de bénévoles bien intentionnés provenant d'une entreprise et à qui on a finalement demandé de peinturer un mur qui avait été peinturé à peine quelque mois auparavant par un autre groupe de bénévoles tout aussi dévoués?»
«Moi, je crois qu'il faut faire en sorte de payer de façon décente tous ces gens qui gèrent organisation de bienfaisance. Il faut aussi faire en sorte que des organisations puissent compter sur des équipes de permanents dédiés non pas à se creuser les méninges pour trouver des sous, mais à travailler sur le terrain avec ceux et celles qui ont besoin d'aide.»
«L'argent, pour les organisations de charité, est tellement difficile à aller chercher. Les objectifs de financement sont difficilement atteignables. Il faut que les citoyens continuent à donner et même qu'ils augmentent le montant de leur contribution.»