Le conseiller syndical Éric-Jan Zubrzycki

Le transfert de la cafétéria à la CADEUL entraîne 60 mises à pied

À l'Université Laval, une soixantaine d'employés de la cafétéria du pavillon Desjardins-Pollack ont reçu un avis de licenciement collectif. Leur employeur a perdu le contrat de gestion du service alimentaire qui a été confié sans appel d'offres à la CADEUL, l'association des étudiants de premier cycle.
«La CADEUL se comporte comme le pire employeur qu'on peut avoir», fulmine le conseiller syndical Éric-Jan Zubrzycki, du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-FTQ). Voilà trois semaines que Laliberté, l'entreprise qui gère la cafétéria, a transmis l'avis de licenciement collectif à Emploi-Québec et à la Commission des normes du travail. Mais il n'aurait toujours pas été possible de discuter avec l'exécutif de la CADEUL pour savoir si les étudiants entendent offrir des postes à ces salariés d'expérience, prétend-il.
«Ce que je dénonce, c'est qu'il va y avoir une mise à pied de 65 personnes», enchaîne le syndicaliste, au bout du fil. «Il y a des gens que ça fait 20 ans qu'ils sont là.»
«Tasse-toi mon oncle...»
Dans une lettre qu'il nous a envoyée, Éric-Jan Zubrzycki est vindicatif : «[Ce sont] des hommes et des femmes, souvent avec peu d'instruction, qui, pendant plusieurs années, pour ne pas dire des décennies, se sont levés à 5h du matin pour préparer les déjeuners des étudiants, pour préparer les dîners, pour servir les repas protocolaires. Un travail dur et peu rémunéré. Mais voilà, le 1er juin, ils seront à la recherche d'un nouvel emploi. Pourquoi? La concession a été transférée aux étudiants. À la CADEUL pour être plus précis. L'Université n'a pas jugé bon d'inclure une clause de transfert de personnel. Et les étudiants? Tasse-toi mon oncle...»
Hier, le directeur général de Laliberté gestion de services alimentaires, Dominic Lévesque, n'a pas voulu commenter. Dans la lettre transmise aux autorités étatiques, l'entreprise confirme cependant le licenciement : «Laliberté et associés [...] est dans l'obligation de mettre fin à l'emploi de 60 salariés dû au non-renouvellement de son contrat avec l'Université Laval. Les activités se termineront donc le 31 mai 2014.»
La CADEUL muette
L'attaché politique de la CADEUL, Jean-Luc Plourde, n'a pas été en mesure de répondre à l'attaque. «On ne peut pas parler des détails du contrat pour l'instant.» Allez-vous offrir des emplois à ces travailleurs? «Malheureusement, il n'y a rien qu'on peut dire.»
La cafétéria du pavillon ­Alphonse-Desjardins-Maurice-Pollack enregistre des ventes de plus de 2,5 millions $. Grâce à cette nouvelle filiale, le chiffre d'affaires de la CADEUL approchera des 10 millions $ par année. Cela inclut les cotisations des membres ainsi que les revenus du Pub universitaire, d'un dépanneur et de trois cafés.
Au moment de transmettre cet article, l'Université Laval n'avait pas répondu à nos questions.