Sylvie Huard lançait mardi matin un nouveau concept de consultation pour aider les entrepreneurs à passer le flambeau à la génération suivante dans les meilleures conditions pour éviter les échecs.

Le transfert à la relève: le cauchemar des PME

Au cours des 10 prochaines années, 14 000 propriétaires d'entreprise de la grande région de Québec seront rendus au moment de passer le flambeau à la relève. Toutefois, les statisti­ques économiques canadien­nes et québécoises montrent que les transferts d'entreprise é­chouent dans 70 % des cas et que seulement 10 % des entrepreneurs sont assurés d'avoir une relève.
C'est dans ce contexte que Sylvie Huard lançait mardi matin un nouveau concept de consultation pour aider les entrepreneurs à passer le flambeau à la génération suivante dans les meilleures conditions pour éviter les échecs.
«Je veux abaisser le pourcentage d'échecs», explique celle qui a déjà travaillé dans le secteur de la relève pour la Banque de développement du Canada et dont l'entreprise, Harmonie Intervention, est accréditée comme con­sultante.
«Dans les entreprises familiales, le patron oublie de former la relève longtemps à l'avance en misant sur le fait que ses enfants sont avec lui dans l'entreprise, ajoute-t-elle, mais au moment de partir, la relève n'est pas toujours prête. C'est à ce moment qu'il faut intervenir.»
Et le transfert d'entreprise, ce n'est pas seulement la vente des actifs, c'est aussi le transfert des connaissances, de l'expertise et surtout le côté humain dont il faut tenir compte.
«Dans les entreprises familiales, le patron a un pas d'avance avec la relève, comparativement à un transfert à des étrangers, précise Mme Huard. Mais il y a des trous du côté des communications et des relations dans la famille. Il faut donc faire en sorte d'harmoniser tous les points pour que celui qui quitte le fasse en étant content.»
Clarifier les rôles
La consultation passe aussi par la clarification des rôles dans une entreprise pour l'aider à progresser et à prendre de l'expansion. Lors de la conférence de presse, mardi, Bruno Blais, propriétaire de la Barberie, a raconté comment l'approche de Sylvie Huard avait été un exercice profitable.
«L'approche non conventionnelle de Sylvie Huard lors de notre rencontre de deux jours a porté sur l'aspect humain tout en faisant ressortir les forces de chacun. Elle a su nous rallier autour d'une vision commune du développement de notre entreprise. Avant, comme directeur, j'arrivais avec des idées nouvelles en marchant sur des charbons ardents parce que chacun agissait comme s'il était le directeur. En misant sur les forces de chacun dans son département, les rôles et les responsabilités sont clairement définis. Les discussions autour des projets nouveaux se font de manière à bâtir un objectif commun.»
Selon Pierre Laforest, associé-directeur consultation à la Banque de développement du Canada, les entrepreneurs sont peu habitués à faire affaire avec des consultants, croyant à tort que le consultant peut tout régler d'un coup de baguette magique. Pour lui comme pour Mme Huard, les cas de transfert à la relève demandent de travailler sur la reconnaissance des forces des gens en place et la résolution des problèmes émotifs pour obtenir des résultats qui tiendront la route.
La méthode
Après une préparation de 12 mois, Mme Huard, qui a oeuvré dans une entreprise familiale, soutient avoir mis au point une méthode qui facilitera la transition entre deux générations de patron. Elle l'applique dans une dizaine de cas avec la ferme intention d'abaisser le taux d'échec avec méthode au lieu de laisser les entrepreneurs à eux-mêmes.