La Financière agricole souligne que même si la récolte des foins est affectée par la sécheresse, d’autres cultures aussi sont touchées, si bien que les agriculteurs qui désirent avoir recours au soutien financier offert par la FADQ peuvent formuler un avis de dommage.

Le temps sec coûtera cher aux agriculteurs

Le temps sec des dernières semaines a causé des dommages importants aux sols de plusieurs cultures, si bien que la Financière agricole du Québec (FADQ) a reçu près de six fois plus d’avis de dommages relatifs à la sécheresse que l’an dernier.

Au cours des cinq dernières années, la Financière agricole recevait en moyenne 127 avis de dommages pour la même cause. Cette année, la sécheresse a fait tant de dégâts dans plusieurs régions que le nombre grimpe à 735 avis. 

Pour la FADQ, cette situation est exceptionnelle. «C’est très élevé comme nombre d’avis» à cette période de l’année, a reconnu André Houle, directeur au développement des programmes en assurance à la Fédération.

Selon l’expert, le printemps difficile sur le plan météorologique, associé aux températures élevées des dernières semaines ainsi qu’au manque de précipitations ont mené à l’assèchement brutal des sols. 

La Financière prévoit aider rapidement les agriculteurs à remplir leur demande d’indemnisation afin de verser les avances dès le mois d’août. Dans le cas de la récolte des foins, les dommages sont déjà importants, si bien que les prochaines fauches seront vraisemblablement affectées. 

«La première et la deuxième fauche ont été mauvaises dans certaines régions du Québec. On ne peut pas prévoir encore ce que sera la troisième et la quatrième», mais la première fauche étant la plus importante, les autres risquent d’être affectées, a indiqué M. Houle. 

«On va voir le résultat de la sécheresse sur les récoltes de grains vers la fin d’août et le début du mois de septembre», a-t-il précisé. 

M. Houle rappelle que la Financière a joué un rôle important l’an dernier, alors qu’elle avait indemnisé 1800 producteurs dans le cadre de la protection d’assurance pour le foin. Elle avait alors versé un montant de 9,1 millions $, surtout à des agriculteurs du Bas-Saint-Laurent, où la sécheresse avait fait des ravages. Des épisodes de grêle avaient aussi causé des dégâts, se souvient l’expert. 

Appelé à fournir une idée de la valeur des pertes agricoles pour cette année, M. Houle explique qu’il est trop tôt pour la déterminer avec précision. 

L’est et le Saguenay touchés

Si plusieurs régions de la province sont touchées par le temps sec, le Bas-Saint-Laurent et la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean sont plus sévèrement atteints. Selon Environnement Canada, au Bas-Saint-Laurent, il est tombé 76 millimètres de pluie de moins lors des mois de mai et de juin 2018 que pendant la même période l’année précédente. 

Les régions de Chaudière-Appalaches, de la Montérégie et de Lanaudière aussi n’ont pas été épargnées, a précisé M. Houle. 

Pour Alain Juneau, un agriculteur de Saint-Augustin-de-Desmaures qui cultive le foin, la dernière récolte des fourrages a été désastreuse. Il enregistre des pertes évaluées à 30% à 40% par rapport à l’an dernier. 

«Ça fait plusieurs années qu’on a pas vu une sécheresse comme celle-ci», a-t-il confié au Soleil. «Et encore. Ici, dans la région de Québec, les sols sont assez lourds. On n’a pas des sols plus sablonneux» comme dans le Bas-Saint-Laurent, a-t-il ajouté, soulignant qu’il avait entendu dire que vers l’est, la dernière récolte avait été particulièrement difficile. 

La Financière souligne que même si la récolte des foins est affectée par la sécheresse, d’autres cultures aussi sont touchées, si bien que les agriculteurs qui désirent avoir recours au soutien financier offert par la FADQ peuvent formuler un avis de dommage. 

Rappelons que la FADQ offre des produits et des services en matière de financement, d’assurance et de protection du revenu pour plus de 24 000 entreprises agricoles et forestières de la province. 

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URGENCE AU SAGUENAY

Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, le président de la Fédération régionale de l’Union des producteurs agricoles, Mario Théberge, réclame une aide d’urgence en plus d’une rencontre avec le premier ministre Philippe Couillard. Sans une aide spéciale immédiate, les décisions de plusieurs producteurs pourraient être irréversibles.  

«Les signaux sont très, très critiques. Des producteurs devront liquider leur cheptel. Dans certains cas, il manque la moitié du foin nécessaire», confie Mario Théberge. «Dans trois semaines, il n’y aura plus de foin et les granges seront vides», explique celui qui est en contact avec plusieurs membres. 

Alors que la grêle s’est abattue sur le Lac-Saint-Jean au même moment à l’été 2017, les conditions actuellement vécues sont exceptionnelles. M. Théberge, qui est dans le domaine depuis 40 ans, assure n’avoir jamais rien vu de tel.  Le Quotidien