L'entreprise américaine Hormel Foods ne distribue plus son beurre d'arachides Skippy au Canada.

Le «syndrome Skippy» s'étendra-t-il?

De plus en plus de multinationales de l'alimentation retirent certaines marques de produits transformés du marché canadien. Cela pourrait entraîner une diminution du choix pour les consommateurs, craint la Faculté de management de l'Université Dalhousie.
Dans sa plus récente étude sur les prix des aliments en 2017, l'université de la Nouvelle-Écosse, qui réalise des études à ce sujet depuis sept ans, s'inquiète de ce phénomène qu'elle a baptisé le «syndrome Skippy».
Les chercheurs y soulignent que l'entreprise américaine Hormel Foods, par exemple, a cessé de distribuer au Canada son beurre d'arachides Skippy. Elle cite également le cas des biscuits aux capuchons de chocolat Dad's de Mondelez International.
«Ça dure depuis une dizaine d'années, puisque les épiciers mettent beaucoup en valeur leurs marques privées. Ils leur donnent de plus en plus de place sur les tablettes. Pour les multinationales, c'est devenu de plus en plus difficile de marchander avec les grandes bannières. Alors, soit qu'elles décident de payer davantage, soit qu'elles décident de laisser tomber le marché canadien», a résumé au cours d'une entrevue avec La Presse canadienne le professeur Sylvain Charlebois, auteur principal de l'étude.
Il s'attend à ce que cette tendance se poursuive. Les consommateurs auraient donc moins de choix dans cette section du supermarché.
L'équipe de Dalhousie a remarqué d'importantes disparités de prix entre ses propres constatations et celles de l'Indice des prix à la consommation (IPC). Il se questionne sur la méthode utilisée par Statistique Canada ou sur les produits qui ont été échantillonnés, parce que son équipe est loin de constater certaines baisses de prix avancées par l'organisation.