L’Agence canadienne d’inspection des aliments a ordonné à certains de ses inspecteurs de suivre une formation afin d’être déployés dans des abattoirs où des éclosions de COVID-19 ont eu lieu, comme dans l’abattoir Cargill à Chambly, a affirmé par communiqué le Syndicat de l’Agriculture, ajoutant que l’agence fédérale traitera tout refus comme de l’insubordination.
L’Agence canadienne d’inspection des aliments a ordonné à certains de ses inspecteurs de suivre une formation afin d’être déployés dans des abattoirs où des éclosions de COVID-19 ont eu lieu, comme dans l’abattoir Cargill à Chambly, a affirmé par communiqué le Syndicat de l’Agriculture, ajoutant que l’agence fédérale traitera tout refus comme de l’insubordination.

Le syndicat des inspecteurs de l’Agence canadienne d’inspection des aliments s’inquiète des conditions dangereuses

Laura Osman
La Presse canadienne
OTTAWA — L’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) obligerait, sous peine de sanctions disciplinaires, des inspecteurs ne travaillant pas dans le domaine des viandes à travailler dans des usines de transformation, selon le syndicat qui les représente.

L’ACIA a ordonné à certains de ses inspecteurs de suivre une formation afin d’être déployés dans des abattoirs où des éclosions de COVID-19 ont eu lieu, a affirmé par communiqué le Syndicat de l’Agriculture, ajoutant que l’agence fédérale traitera tout refus comme de l’insubordination.

Le syndicat, qui représente environ 6500 employés des agences d’agriculture du Canada, a qualifié cette approche d’inacceptable.

«L’ACIA ordonne à son personnel de travailler dans des installations qui ne sont manifestement pas sûres et sans les équipements de protection individuelle appropriés», a indiqué le président du syndicat, Fabien Murphy.

Le Syndicat de l’Agriculture avance que 18 des 37 inspecteurs travaillant à l’usine Cargill de High River, en Alberta, ont subi un test positif au coronavirus, tout comme trois des six inspecteurs travaillant à l’usine Harmony de Balzac, également en Alberta.

Dans un communiqué publié dimanche, la ministre fédérale de l’Agriculture, Marie-Claude Bibeau, a déclaré qu’il était important pour les employés travaillant dans les usines de transformation des aliments de se sentir en sécurité.

Une vague d’infections à la COVID-19 a déferlé sur les usines de transformation de la viande partout au pays. Les conditions de travail des employés de ces usines sont de juridiction provinciale, mais des inspecteurs fédéraux ont le mandat de s’assurer que la viande qui y est produite est saine pour les consommateurs.

«Nous avons besoin que le premier ministre ou un haut responsable élu intervienne pour assurer que son propre personnel, les inspecteurs fédéraux, soit en sécurité. Nous voulons une réponse nationale cohérente pour faire face à l’épidémie dans les installations de production alimentaire qui sont devenues l’une des plus grandes sources ponctuelles de contamination», a ajouté Murphy.

Le Syndicat de l’Agriculture dit avoir interpellé des ministres sur ce dossier, sans réponse jusqu’ici. Il a également souligné que l’ACIA avait assigné des inspecteurs à plus d’une usine de transformation, ce qui pourrait encourager la propagation du virus.