Le Star Café de Sainte-Foy a fermé ses portes hier à minuit pour laisser la place à une brûlerie de la même trempe que les Brûleries Saint-Roch, Limoilou et Saint-Jean.

Le Star Café laisse la place à une brûlerie

Le Star Café, situé sur le chemin Sainte-Foy au coin de l'autoroute Robert-Bourassa, a fermé ses portes mardi à minuit pour laisser place à une nouvelle brûlerie, de la même trempe que les Brûleries Saint-Roch, Limoilou et Saint-Jean. Les propriétaires du restaurant - le groupe Blanchette, également à la tête de ThaïZone, Saladshop, Frit's, La P'tite Grenouille, Star Bar et Star Club - planifiaient cette transaction depuis plusieurs mois déjà.
Pour Hugues Brouillette, gérant de l'endroit pratiquement depuis son ouverture, il y a 10 ans, la nouvelle n'est pas sans lui faire de pincement au coeur. Mais comme la plupart des employés, il sera replacé dans l'un ou l'autre des établissements appartenant à ses patrons.
«Ce ne sont pas les endroits qui manquent», assure celui qui souhaitait immortaliser le moment dignement, en remerciant ses clients les plus fidèles et ses fournisseurs de vive voix, avec une poignée de main.
Rien par contre n'annonçait la fermeture au grand public avant mardi, alors qu'une note a été collée sur la porte du commerce.
Le succès de Thaïzone
Le Star Café aura en quelque sorte été sacrifié au profit de ThaïZone, qui connaît «un succès ultrarapide et démesuré», soutient M. Brouillette. Les propriétaires ont l'intention de concentrer leur énergie sur la jeune franchise, qui compte maintenant plus d'une douzaine de restaurants à Québec, à Bromont, à Joliette et bientôt à Montréal.
De plus, la certaine mainmise dont dispose le groupe à La Pyramide de Sainte-Foy, avec ses nombreux commerces, représente un avantage non négligeable du point de vue des affaires.
«Très franchement, ce n'est pas une question de sous, c'est vraiment une question stratégique. Le Star Café, on aurait pu l'opérer un autre 10 ans et ça n'aurait pas été un problème», considère M. Brouillette.
Or, celui-ci ne cache pas que «la circulation» de la clientèle a beaucoup changé en 10 ans, avec l'apparition de plusieurs nouveaux joueurs dans l'industrie. Longtemps ouvert 24 heures sur 24, sept jours sur sept, le Star Café avait décidé de laisser tomber ses quarts de nuit en janvier.
La plus grande difficulté, précise M. Brouillette, était de trouver de la main-d'oeuvre de qualité prête à travailler aux heures jugées ingrates. L'établissement a déjà compté une quarantaine d'employés en période scolaire, moment le plus fréquenté de l'année. Cet été, ils n'étaient plus qu'une quinzaine.
Hugues Brouillette sortira de cette aventure avec une tonne de bons souvenirs en tête. L'endroit avait réussi à se tailler une place enviable chez une foule de personnalités québécoises, de sorte que l'édifice aurait pu afficher son propre mur des célébrités.
«Ça a été un lieu spécial, considère le gérant. Le Star Café, ce n'est pas juste un restaurant. Il y a des gens qui ont écrit des livres ici, il y a des gens qui ont bâti des scénarios de film qui ont vu le jour, il y a des artistes qui ont fréquenté le Star Café régulièrement.»
La chanteuse Pascale Picard, le lecteur de nouvelles Pierre Jobin et les animateurs de radio André Arthur, Jeff Fillion et Dominic Maurais n'en sont que quelques exemples. Mais, avant tout, ce sont les étudiants qui s'étaient approprié l'endroit, avec les départements de droit, de médecine et de médecine dentaire de l'Université Laval en tête.
Une brûlerie pour la rentrée
Les amateurs de boisson chaude habitués de faire un arrêt au Star Café ne seront pas en reste bien longtemps, puisque la Brûlerie Sainte-Foy devrait ouvrir ses portes dès la première semaine de septembre.
Pour Odré Lacombe, propriétaire de l'entreprise familiale, pas question de gâcher le momentum du retour en classe. «Dès qu'on aura la clef, on va se lancer dans une dizaine de jours de travaux pour que tout soit prêt à temps», mentionne-t-il au bout du fil.
Le comptoir, l'éclairage, le mobilier et les couleurs seront modifiés afin de recréer la même ambiance que dans les trois autres succursales de la capitale.
«Je ne vous cacherai pas qu'on regarde déjà pour agrandir la famille encore un peu plus», fait savoir M. Lacombe. La rue Saint-Vallier, dans le quartier Saint-Sauveur, serait notamment dans la mire de l'entrepreneur.