La drague Océan Traverse Nord dans les Caraïbes.

Le soleil des Caraïbes salutaire pour Océan

Tout baigne sous le soleil des Caraïbes pour Océan. L’entreprise vient de signer son premier contrat de dragage à long terme. Une entente qui pourrait lui rapporter à terme environ 2,5 millions $.

Dès la fin novembre, et ce, pour les cinq prochaines années, la drague Océan Traverse Nord quittera durant l’hiver son port québécois en direction de la République dominicaine. Une route d’environ 23 jours. Le navire sera de retour au Québec au mois de mai.

Le contrat signé par la filiale soeur d’Océan, Dragage Océan DS, avec Empressa Generadora de Electricidad Itabo, vise annuellement l’extraction d’un volume approximatif de plusieurs dizaines de milliers de mètres cubes de sédiments. Cette quantité variera d’une année à l’autre selon les besoins, précise la direction de la société maritime de Québec.

Grâce à cet accord et celui récemment signé avec le port de Kingston, en Jamaïque, — visant à assurer les services de remorquage pour une période de dix ans —, Océan estime être aujourd’hui bien positionné pour augmenter ses parts de marchés à travers les Caraïbes.

Déjà présent

Chaque année, depuis 2013, la compagnie réalisait d’ailleurs déjà dans cette région des contrats «annuels» de dragage. Elle a notamment sillonné les eaux du port de Dos Bocas, au Mexique, et celles du port de San Pedro de Macoris, en République dominicaine.

«Une fois que nous sommes mobilisés en République dominicaine, on peut regarder s’il y a d’autres contrats à faire aux alentours, comme à Cuba ou aux îles Vierges. Il s’agit de notre premier contrat de dragage à long terme à l’extérieur du Canada», indique au Soleil le directeur des affaires publiques et corporatives chez Océan, Philippe Filion.


« Une fois que nous sommes mobilisés en République dominicaine, on peut regarder s’il y a d’autres contrats à faire aux alentours, comme à Cuba ou aux îles Vierges »
Philippe Filion, directeur des affaires publiques et corporatives chez Océan

Si la demande est au rendez-vous, la direction n’écarte pas la possibilité d’acheter de nouveaux équipements. Pour information, la drague Océan Traverse Nord avait coûté 25 millions $ en 2011.

Et grâce à son contrat de remorquage, Océan possède aujourd’hui un pied-à-terre en Jamaïque. Pour répondre aux besoins dans ce secteur, une quarantaine de personnes ont été embauchées au cours des dernières semaines.

«Notre contrat de cinq ans nous assure un fonds de roulement pour les cinq prochaines années dans cette région. [...] On commence à être connu, nous sommes présents depuis 2013», fait valoir M. Filion. «Notre bureau en Jamaïque nous permet maintenant d’avoir une base permanente pour développer de nouveaux projets pour l’ensemble de l’Amérique du Sud et de l’Amérique centrale», poursuit-il, ne cachant pas que la compétition est très féroce.

Il explique que les quatre plus importants joueurs à travers le monde dans le marché du dragage— Jan de Nul, Boskalis, Van Oord et DEME — brassent déjà des affaires dans les Caraïbes.

«Ce sont des entreprises qui choisissent le moment où ils vont draguer et les prix. Nous, nous arrivons avec une solution plus flexible, car nous agissons selon les besoins des clients. Nous avons également un prix plus raisonnable par mètre cube. On ne vise pas les gros chantiers, on cherche davantage les petits contrats moins intéressants pour le big four», dit-il.

Pour le pays de Donald Trump, Ocean n’a pas accès à ce marché en raison du Jones Act. Cette loi réserve le cabotage dans les eaux des États-Unis aux navires battant pavillon américain, construits aux États-Unis et comptant des équipages américains.

Comptant 900 employés, Océan mène aussi des affaires dans les domaines de la construction et la réparation navale, du transport maritime et de la location d’équipements.
Au Canada, la compagnie est présente au Québec, en Ontario, au Nouveau-Brunswick et en Alberta.