À l'heure où le prix des commodités rend frileux les grands investisseurs, l'industrie minière recherche des solutions de rechange comme le sociofinancement.

Le sociofinancement à la rescousse du monde minier

Le succès du sociofinancement gagne le monde minier. La première plateforme du genre au pays est née il y a à peine deux mois et déjà a permis à des juniors de l'industrie de réunir des millions de dollars.
Red Cloud Klondike Strike a bien l'intention de redéfinir l'univers de l'investissement minier avec sa plateforme de financement participatif qui offre «un accès direct» à des sociétés lorgnant des projets d'exploitation. À l'heure où le prix des commodités rend frileux les grands investisseurs, l'industrie recherche des solutions de rechange.
«C'est vraiment novateur», assure Me Bianca Déprés, titulaire d'une maîtrise sur le financement de projets miniers. «On associe beaucoup le crowdfunding aux nouvelles technologies, aux biotechs ou à la pharmaceutique [...]. Dans le domaine minier, il n'y a que quelques [plateformes] aux États-Unis et en Australie.»
Quatre joueurs miniers sont pour l'heure inscrits sur la plateforme de l'entreprise torontoise, dont la société québécoise Ressources minières Radisson, qui espère collecter 1 million $ en capitaux. En avril, IDM Mining a amassé 10 millions $ en partie par un financement participatif sur Red Cloud Klondike Strike. 
Bassin plus large
«Une compagnie va s'inscrire sur la plateforme Internet et va offrir des actions en échange d'un financement, explique Me Déprés. Ce qui est différent des méthodes de financement traditionnelles, c'est l'accès à un bassin d'investisseurs beaucoup plus large et que les investissements requis sont beaucoup moins élevés.» 
Le montant minimum exigé s'élève en effet à 2500 $ «et le maximum dépendra si l'investisseur est qualifié», ajoute l'avocate chez Gowling WLG. Pour les juniors de l'industrie minière, pour qui l'accès au financement n'est pas toujours simple, le sociofinancement devient une solution au fort potentiel, selon Me  Déprés.   
Ressources minières Radisson a choisi de tenter l'expérience, en mars. «On s'approche de l'objectif», a confirmé le président et chef de la direction, Mario Bouchard. «Les gens peuvent aller sur le site, s'inscrire et souscrire dans les projets présentés [...] Ça rend tout ça plus accessible à monsieur et madame Tout-le-monde.» 
«Dans le monde minier, c'est complètement nouveau», a-t-il poursuivi. Selon lui, le financement participatif risque de prendre de l'ampleur à l'avenir en plus de permettre de joindre une toute nouvelle génération d'investisseurs, plus habile avec le commerce électronique. 
Radisson recherche des capitaux afin de mener un programme de forages pour le projet aurifère O'Brien, situé en Abitibi.