Dans l'ordre, les trois fondateurs de Plenty Humanwear, Steeve Lebel, Pierre-Nicolas Lessard et Gregory Desjardins. Après l'Europe et l'Asie, les États-Unis sont dans la mire de la compagnie de Québec.

Le secret bien gardé de Plenty Humanwear

Plenty Humanwear a d'abord attiré l'attention des journalistes de la section des arts.
Pourtant, il se cachait derrière la collaboration, entre autres, avec le collectif d'artistes émergents Canadian Bacon du muraliste contemporain urbain Phelipe Soldevila, le succès d'une toute petite entreprise de la rue Arago, à Québec, dans l'univers coupe-gorge des vêtements pour les 18-35 ans.
«Vous pouvez dire que nous sommes un secret bien gardé», convient Pierre-Nicolas Lessard, l'un des fondateurs de Plenty Humanwear en compagnie de Gregory Desjardins et de Steeve Lebel. Trois gars dans la jeune trentaine.
Un secret bien gardé qui vend ses t-shirts, ses camisoles, ses hauts à capuchon, ses robes, ses chemises, ses manteaux, ses tuques et ses casquettes en Suède, en Suisse, au Japon, en Allemagne et en Autriche. Et au Canada d'un océan à l'autre.
Un secret bien gardé qui a atteint le seuil de la rentabilité en 2015, sept ans après sa fondation à la fin de 2008.
Un secret bien gardé qui, maintenant, trouve une oreille attentive auprès des institutions financières.
«Pour en arriver à franchir la barre de la rentabilité, la route a été longue. Nous avons constamment réinvesti dans l'entreprise pour la faire progresser», raconte Pierre-Nicolas Lessard en rappelant que Plenty Humanwear avait vu le jour grâce au love money amassé ici et là auprès de parents et amis.
Besoin de créer
Ne cherchez pas une boutique Plenty Humanwear dans votre centre commercial préféré.  
Du moins, pas encore.
Ses vêtements conçus pour le loisir et la vie en ville, le manufacturier les vend dans les magasins spécialisés comme Séraphin et la Vie Sportive dans les chaînes comme Simons ou Empire et par l'entremise du commerce électronique (plenty-humanwear.com).
Au Canada, Plenty Humanwear est roi et maître de sa commercialisation.
À l'étranger, il en confie la responsabilité à des distributeurs. «Pour l'Allemagne et l'Autriche, nous venons tout juste de conclure une entente avec un important partenaire qui distribue aussi des marques comme Brixton et Poler, les Wayne Gretzky de notre industrie. Ça nous fait un petit velours et ça montre le potentiel de notre marque», fait remarquer Pierre-Nicolas Lessard.
Issus du monde de la planche à neige, du skateboard et du surf, les trois bonshommes se sont dirigés vers le monde des affaires pour assouvir leur soif de créer.
«Nous avions des tas d'idées en tête sans trop savoir comment leur donner vie. La mode nous intéressait. La mère de Gregory est une patroniste. Elle nous a aidés à trouver notre voie.»
Pour se démarquer de la concurrence, la compagnie - dont la devise est Inspired by All - met de l'avant sur ses vêtements des scènes de la vie de tous les jours. «Nous puisons notre inspiration à partir de toutes les sources, notamment de notre héritage, de notre histoire et des générations qui nous ont précédés.»
Il y a quelques années, Plenty Humanwear a dû se résoudre à aller fabriquer ses vêtements en Chine. Le design, la coloration et le choix des textiles se font à Québec où la compagnie fait travailler six personnes et de nombreux collaborateurs.
«La réalité a fini par nous rattraper», explique Pierre-Nicolas Lessard, un bachelier en administration. La production de masse est moins coûteuse en Asie.
«La Chine d'aujourd'hui n'est pas celle d'il y a 30 ans. La technologie utilisée là-bas est absolument incroyable. L'environnement de travail fourni par notre partenaire à ses employés est sain. De plus, l'entreprise est dirigée par des femmes.»
Pierre-Nicolas Lessard l'avoue. Plenty Humanwear souhaite, un jour, rapatrier toute sa production au Québec. Chose certaine, les arts ne cesseront pas d'inspirer les trois camarades qui continueront de transformer leur milieu de travail en galerie d'art, quelques fois par année, pour permettre à des artistes d'exposer leurs oeuvres.