En Ontario, le salaire minimum est passé de 11,60$ à 14$ l’heure à minuit le 1er janvier 2018

Le salaire minimum bondit à 14$/h en Ontario

Le début de l’année 2018 marque aussi l’arrivée d’un salaire minimum révisé et augmenté en Ontario.

Il enregistre donc une hausse de 2,40$ l’heure et passe de 11,60$ à 14$ et ce, depuis minuit le 1er janvier 2018. Le salaire minimum sera relevé de nouveau dans un an, à 15$ l’heure, le 1er janvier 2019. Les augmentations subséquentes le seront en fonction du taux d’inflation.

La Loi de 2017 pour l’équité en milieu de travail et de meilleurs emplois est en quelque sorte une réponse au rapport final de l’Examen portant sur l’évolution des milieux de travail. Ce document analysait en profondeur la Loi de l’an 2000 sur les normes d’emploi et la Loi de 1995 sur les relations de travail.

Le rapport estimait que plus de 30% des travailleurs ontariens possédaient un emploi précaire en 2014. 

Le rapport rappelait qu’«en 2016, le salaire horaire moyen (en Ontario) était de 13 $ pour les travailleurs à temps partiel et de 24,73 $ pour les travailleurs à temps plein.» 

Au cours des 30 dernières années, le travail à temps partiel avait pris une telle ampleur qu’un emploi sur cinq en Ontario en était un à temps partiel. Et c’est en quelque sorte pour aider, entre autres, ces employés fragilisés par le manque d’heures de travail que le salaire minimum a été ajusté. Le gouvernement ontarien espère ainsi, par cette augmentation, réduire le roulement de personnel et accroître la productivité des entreprises.

Un autre son de cloche

Les commerçants et propriétaires de PME d’Ottawa, rencontrés par Le Droit, ne sont pas tout à fait enchantés de cette nouvelle mesure.

Cette hausse subite du salaire minimum aura, par exemple, un effet pervers à La Libraire du Soleil qui a pignon sur rue, tant à Ottawa qu’à Gatineau. Ainsi, parce que les employés du côté ontarien hériteront d’une hausse de salaire, les propriétaires sont obligés d’octroyer aux libraires et commis de la succursale de Gatineau, les mêmes avantages salariaux; et ça dans un contexte où «les marges de profits sont déjà minces», nous explique Jean-Philippe Guy, coactionnaire.

Du côté des trois boulangeries-pâtisseries Le Moulin de Provence inc. d’Ottawa, avec environ 80 employés et une masse salariale de près de 1,5 million $, les nouvelles ne sont pas très bonnes...

«La Kathleen Wynne nous prend pour des banquiers», laisse tomber Claude Bonnet, président de l’entreprise. 

«Toutes les entreprises ont maintenant un problème d’ordre majeur de réajustement de leurs coûts d’opération. Y a des gens qui vont devoir prendre des décisions à savoir s’ils doivent fermer leurs portes [...] Les PME sont les poumons de l’économie; là, ils nous rajoutent des dépenses... quand on voit que les multinationales sont subventionnées, tous bords tous côtés», lance-t-il. 

La majoration subite du salaire minimum, jumelée à la hausse des tarifs d’électricité, à l’inflation et à la faiblesse du dollar canadien représentent de grands défis pour les entrepreneurs, estime M. Bonnet. 

«On voit que ces gens-là (les politiciens) ne sont pas des gestionnaires», conclut-il.

À la petite pâtisserie Aux Délices du Marché By, son propriétaire nous explique qu’à 70 ans, il doit continuer de travailler. Même s’il n’a que cinq employés à temps plein, il n’aura pas le luxe de s’en payer d’autres... 

Plus encore...

La nouvelle loi provinciale, entrée en vigueur le 1er janvier 2018, inclut également d’autres dispositions intéressantes...

Les travailleurs ont désormais droit à au moins trois semaines de vacances après cinq années de service auprès du même employeur.

Les travailleurs des entreprises comptant moins de 50 employés auront accès à 10 jours de congés d’urgence personnelle par année civile.

Un nouveau congé a été créé pour les victimes de violence familiale ou sexuelle.

On a élargi la durée d’un congé familial pour raison médicale de 8 à 28 semaines par année.

On a aussi créé un nouveau congé en cas de décès ou de disparition d’un enfant.