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Le RVER, un nouveau modèle pour épargner

Deux millions de Québécois n'ont pas de régime d'épargne-retraite. Ainsi, pour leur redonner le goût et le réflexe d'épargner en vue de leurs vieux jours, le gouvernement a créé un nouveau modèle de véhicule financier: les régimes volontaires d'épargne-retraite (RVER).
Ce nouveau service devra être obligatoirement proposé par toutes les entreprises du Québec qui n'en offrent pas d'autres d'ici la fin de 2018. Chaque travailleur décidera ensuite s'il veut adhérer à la formule.
Bien que les employeurs ont au moins deux ans pour s'y conformer, la Loi sur les régimes volontaires d'épargne-retraite (RVER) est entrée en vigueur mardi, et les institutions financières commencent déjà à informer leurs membres sur ce nouveau programme.
François Vincent, directeur des affaires provinciales pour le Québec pour la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI), explique les rouages du nouveau véhicule d'épargne.
Q) À qui s'adresse le programme des RVER?
R) L'employeur devra mettre en place un RVER pour ses employés âgés de 18 ans et plus et ayant au moins travaillé durant un an à cet endroit. Mais il pourra aussi créer un autre mode d'épargne-retraite, comme un CELI par exemple. L'important, c'est qu'avant la date butoir, l'employeur offre un véhicule d'épargne pour la retraite.
L'élément majeur dans l'implantation du programme: les dates d'échéance. 
Les entreprises comptant 20 employés et plus ont jusqu'au 31 décembre 2016 pour introduire un RVER. Celles en comptant entre 10 et 19 ont jusqu'au 31 décembre 2017.
Pour les entreprises ayant de cinq à neuf travailleurs, le gouvernement devra fixer une date qui ne peut être antérieure au 1er janvier 2018 pour les obliger à offrir le service.
J'ajouterai aussi que la formation pour les RVER n'est aucunement obligatoire, c'est une question qui revient souvent et qui doit être mise au clair.
Q) Qui devra administrer ce programme?
R) Ce sont les institutions financières qui pourront gérer les RVER. C'est un nouveau service financier en fait. La compétition va permettre d'aller chercher des offres intéressantes. D'ailleurs, les employeurs seront beaucoup sollicités dans les deux prochaines années. Ce sera à eux de prendre la bonne décision et d'implanter le meilleur programme.
Q) L'employeur est-il tenu de participer aux cotisations?
R) C'est là que le mot volontaire prend son sens. L'employeur est obligé d'offrir un régime d'épargne-retraite, mais n'est pas obligé d'y contribuer. Ce qui rend attrayant le RVER, c'est que les sommes que vous verserez sont déductibles du revenu imposable de votre entreprise, au provincial et au fédéral, et n'entraîneront pas de taxes à payer sur votre masse salariale.
Q) Croyez-vous que le RVER deviendra un élément de compétition entre les entreprises?
R) Ça pourrait devenir un élément pour se distinguer et maintenir sa main-d'oeuvre. Mais les PME sont loin d'être riches. Quand on pense que le revenu net médian est de 36 000 $, c'est très faible. Ces entreprises-là ne pourront pas offrir de cotisation aussi alléchantes que les plus grandes.
Q) Est-ce que le RVER n'ajoute pas un fardeau supplémentaire aux entreprises?
R) Oui, on ne se le cachera pas. C'est une autre chose qui s'ajoute et moins on a d'employés, moins on a de ressources spécifiques pour la gestion de tout ça. Souvent, ça va être le patron, en dehors des heures normales, qui devra s'en occuper. Également, plus l'entreprise est petite et plus le coût de conformité est important. Il est de 6100 $.
Travailleurs autonomes
À noter que les travailleurs autonomes pourront aussi s'offrir un RVER auprès de leur institution financière. Claude Michaud, de la Régie des rentes du Québec, explique que le véhicule financier joue alors le même rôle qu'un REER, mais que les frais administratifs pourraient être moins importants.
Pour d'autres informations, consultez votre employeur, votre institution financière, la FCEI et la Régie des rentes du Québec.