Rona a été bouffé par Loews (2,9 milliards $) en 2016.

Le Québec perd moins de sièges sociaux que l'Ontario

Le Québec accueille sur son territoire 20 % des sièges sociaux au Canada et 23 % des emplois qui y sont rattachés.
Un pourcentage qui, dans les deux cas, a peu varié entre 2010 et 2014, mais qui est supérieur au poids économique du Québec (18,7 %) dans le Canada, révèle le document intitulé Un plan pour que l'économie québécoise soit davantage une économie de dirigeants, dévoilé mardi par le gouvernement québécois.
En 2014, le Québec comptait 568 sièges sociaux. Loin derrière l'Ontario, qui en répertoriait 1084.
Dans la province voisine, les sièges sociaux font travailler 95 000 personnes. Ici, 52 072.
Entre 2010 et 2014, la Belle Province a vu 14 sièges sociaux s'envoler pour d'autres cieux.
L'Ontario, de son côté, a enregistré la disparition de 62 sièges sociaux.
En tout et partout au Canada, 95 «bureaux-chefs» ont levé les feutres au cours des quatre dernières années.
«Malgré le fait que le nombre de sièges sociaux ait diminué au Québec, le nombre d'emplois dans ces derniers a connu une augmentation de 1,3 % entre 2010 et 2014», note le document gouvernemental. «Dans le reste du Canada, malgré la baisse plus importante du nombre d'établissements, le nombre d'emplois a crû plus fortement (4,9 %) qu'au Québec.»
Le gouvernement du Québec évaluait à 6,8 milliards $, en 2014, la valeur des activités directes et indirectes associées à la présence des sièges sociaux, soit tout près de 2 % du produit intérieur brut. Quant aux retombées fiscales pour le gouvernement du Québec seulement, elles étaient estimées à tout près de 810 millions $.
Québec estime à près de 79 000 $ le salaire moyen des travailleurs des sièges sociaux, soit près du double de la moyenne des salaires versés au Québec qui tourne auteur de 44 000 $.
Plutôt un prédateur 
Au cours des 15 dernières années, le Québec a plutôt joué le rôle de prédateur que celui de proie. 
Il s'est rangé dans le camp de celui qui bouffe plutôt dans celui qui se fait bouffer!
Comme l'a indiqué le premier ministre Philippe Couillard, deux fois plus d'entreprises étrangères (502) ont été achetées par des entreprises québécoises que d'entreprises québécoises (244) ont été vendues à des intérêts étrangers. 
La valeur des emplettes des entreprises québécoises s'élève à 125 milliards $ alors que les étrangers ont payé 110 milliards $ pour acheter nos entreprises. Un «solde positif» de 15 milliards $.
En s'attardant seulement aux cinq dernières années, le solde demeure positif et affiche 38,6 milliards $. Il y a eu 173 achats et 71 ventes totalisant respectivement 55,9 milliards $ et 17,3 milliards $. 
Fait à noter, Alcan a été un centre des deux plus principales transactions depuis 2001. À titre d'acheteur d'abord, puis de vendeur. 
La compagnie a d'abord fait l'acquisition de la société française Pechiney (8,4 milliards $) en 2003 avant de passer dans la famille de Rio Tinto (44,9 milliards $) en 2007.
Le détaillant Alimentation Couche-Tard a réalisé, entre 2001 et 2016, deux des huit acquisitions les plus importantes effectuées par des Québécois à l'extérieur de la Belle Province : celle de Statoil (3,5 milliards $) en 2012 et celle de The Pantry (2 milliards $) en 2014.
Molson (5,6 milliards $) et Abitibi Consolidated (5,2 milliards $), pour leur part, sont passés dans le camp des sociétés américaines Coors et Bowater en 2004 et 2007. Il y a aussi Rona qui a été bouffé par Loews (2,9 milliards $) en 2016.
Par ailleurs, le Québec a été la province canadienne la moins active depuis 2012 dans les fusions et acquisitions et les investissements. En effet, 244 transactions ont été recensées de plus de 5 millions $, comparativement à 972 en Ontario, à 451 en Colombie-Britannique et à 321 en Alberta. 
«D'après la valeur des transactions, l'Ontario présente le solde le plus avantageux (150,6 milliards $), devançant les résultats du Québec (38,6 milliards $) et de la Colombie-Britannique (2,9 milliards $)».