Parmi les pesticides qui seraient interdits, trois appartiennent à la famille des néonicotinoïdes, associés au déclin des colonies d'abeilles.

Le projet de règlement sur les pesticides sème la colère chez des producteurs

Les producteurs de grains ne digèrent pas le projet de règlement québécois sur les pesticides annoncé mercredi s'inscrivant dans la Stratégie québécoise sur les pesticides 2015-2018.
Le gouvernement compte interdire l'utilisation à des fins agricoles de cinq pesticides qui sont le plus à risque sauf si celle-ci est justifiée au préalable par un agronome. Un projet de règlement a été publié dans la Gazette officielle du Québec, le 19 juillet. Son texte pourrait être édicté à l'expiration d'un délai de 45 jours à compter de cette publication.
Parmi les pesticides qui seraient interdits, trois appartiennent à la famille des néonicotinoïdes, associés au déclin des colonies d'abeilles.
Selon ces agriculteurs, les mesures annoncées «augmenteront significativement les coûts de production et les mesures d'accompagnement prévues ne compensent qu'une fraction de l'impact négatif pour la production».
Dans une déclaration écrite transmise à La Presse canadienne, le président des Producteurs de grains du Québec, Christian Overbeek, fait valoir que «la non-utilisation des principaux pesticides en usage actuellement peut signifier une baisse de rendement d'au-delà de 5 %».
L'association estime que cette baisse de productivité s'élèvera à «plusieurs dizaines de millions de dollars annuellement».
À cela s'ajoutent les frais d'agronomes et de tenue de registres d'utilisation des pesticides que l'étude d'impact commandée par le gouvernement évalue en tout à 8,5 millions $ par an.
Le dernier budget du Québec prévoit une aide financière de 3 millions $ par an, ce que les producteurs de grains qualifient de «claque au visage».
Ils affirment également que l'interdiction de ces pesticides en Europe a provoqué «une utilisation accrue d'autres pesticides et l'augmentation de certains ravageurs».
Les producteurs de grains comptent faire valoir leurs arguments à l'occasion de consultations gouvernementales qui s'amorcent la semaine prochaine.