Le ministre de l'Infrastructure et des Collectivités Amarjeet Sohi.

Le programme fédéral d'infrastructure tarde à atteindre sa vitesse de croisière

Le Directeur parlementaire du budget constate à nouveau que la manne promise par le gouvernement libéral pour les infrastructures tarde à quitter les coffres fédéraux pour se retrouver sur les chantiers.

Dans un nouveau rapport, le Directeur parlementaire du budget (DPB) constate que le gouvernement libéral n'a alloué à des projets concrets que la moitié des 14,4 milliards $ réservés pour la première phase du nouveau plan en matière d'infrastructure, destiné à soutenir l'économie canadienne.

Or, le DPB prévient que «tout ralentissement dans les dépenses fédérales prévues dans les infrastructures aura d'importantes répercussions sur l'équilibre budgétaire, ainsi que sur la vigueur de l'économie canadienne».

Le gouvernement a approuvé 10 052 projets depuis le lancement du programme en 2016, pour des subventions fédérales totales de 7,2 milliards $. Il reste donc dans les coffres un autre montant de 7,2 milliards $, pour des projets qui devraient être déjà en chantier ou même terminés.

Un porte-parole du ministre de l'Infrastructure, Amarjeet Sohi, a toutefois précisé que les sommes non utilisées sont reportées à l'année suivante, et qu'elles sont donc toujours disponibles pour les provinces, les territoires et les municipalités.

Les libéraux avaient dévoilé en grande pompe la première phase de ce programme dans leur budget de mars 2016, alors qu'ils prévoyaient un taux de croissance économique de 0,9 pour cent pour 2016-2017 et de 1,4 pour cent pour l'année suivante, qui prend fin samedi.

Le Directeur parlementaire du budget estime que ce programme d'infrastructure a fait augmenter le niveau du PIB réel de 0,1 pour cent en 2016-2017 et en 2017-2018, haussant ainsi le nombre global d'emplois d'environ 9600 à 11 100 en 2017-2018.

Le gouvernement fédéral s'est engagé à consacrer 186,7 milliards $ sur 12 ans pour les projets d'infrastructure, mais le plus récent budget indiquait que le quart environ des sommes prévues entre 2016 et 2019 avait été reporté aux années suivantes.