L'arrivée de ces deux vins n'est d'ailleurs pas passée inaperçue: près de 6000 bouteilles ont été vendues en seulement quatre jours.

Le prix des vins demeure en hausse à la SAQ

Rien ne semble vouloir freiner la hausse du prix des vins à la Société des alcools du Québec (SAQ). Résultat: le nombre de bouteilles de vin de format 750 ml offertes à moins de 15 $ a dégringolé de 38 % sur les tablettes de la société d'État depuis 15 mois.
<p>Nombre de marques de vin dans les rayons de la SAQ</p>
La baisse est significative, d'après le site Web spécialisé vinquébec.com. En janvier 2013, la SAQ dénombrait plus de 895 bouteilles à moins de 15 $. Or, le 5 mars dernier, on n'en comptait plus que 553.
Les vins à moins de 10 $ se font également de plus en plus rares à la SAQ. La semaine dernière, il ne restait plus que 24 produits différents (bouteilles de 750 ml) sous la barre des 10 $, loin des 67 produits figurant dans cette catégorie de prix en janvier 2013.
Selon l'éditeur de vinquébec.com et journaliste chroniqueur indépendant en vin, Marc-André Gagnon, la SAQ joue actuellement à un jeu dangereux avec sa clientèle, alors que ses ventes en volume sont en baisse depuis un an (- 140 000 bouteilles). «Les clients ne sont pas fous. Ils constatent que les prix montent et qu'ils en ont de moins en moins pour leur argent. On sent une perte de confiance envers la SAQ», soutient-il.
M. Gagnon dit avoir constaté des hausses de prix importantes au cours des derniers mois à la SAQ. Par exemple, le 5 mars dernier, le prix de la bouteille de format 750 ml du vin espagnol Pesquera Ribera (2010) est passé de 28,05 $ à 32,25 $ d'un seul coup.
Même chose pour le vin rouge de Grèce Rapsani Tsantali, dont le prix de la bouteille (750 ml) a été majoré de 2,40 $, passant de 10,35 $ à 12,75 $.
C'est la deuxième fois que la SAQ hausse le prix de ses bouteilles de vin depuis le début de l'année, alors que 90 % de ses produits offerts en succursales sont pourtant négociés en dollars canadiens.
Indexation en février
«Nous avons eu en février dernier une indexation annuelle de nos prix suivie d'une plage [le 5 mars] permettant aux producteurs de s'ajuster à la nouvelle réalité du dollar canadien», a expliqué lundi le porte-parole de la société d'État, Renaud Dugas.
Ce dernier tient toutefois à nuancer les données compilées par le site vinquébec.com. D'après les propres statistiques de la SAQ, la baisse du nombre de vins à moins de 15 $ serait moins importante dans ses magasins depuis 15 mois.
«La SAQ agirait contre ses propres intérêts si elle n'offrait pas un large éventail de produits à moins de 15 $ à ses clients. Chez nous, ces ventes [de moins de 15 $] représentent 57 % de notre chiffre d'affaires», a soutenu M. Dugas.
La SAQ ajoute qu'elle a également dû encaisser ces dernières années deux hausses successives de la taxe de vente du Québec ainsi que des hausses répétées de la taxe québécoise sur l'alcool.
Changement d'habitude
Néanmoins, le monopole d'État pense que ces hausses de prix n'ont pas d'incidence sur les ventes dans ses magasins. «On note plutôt un changement dans les habitudes de consommation de nos clients. Ils viennent moins souvent, mais ils achètent davantage», a fait valoir M. Dugas.
La SAQ souligne que 850 000 transactions ont été enregistrées en moins dans ses magasins au cours de la dernière année, soit environ 1,4 % des 59 millions de transactions annuelles.
Au cours de la prochaine année, la SAQ prévoit notamment amputer 60 000 heures dans les horaires de travail de ses employés en succursales. Cette compression de 60 000 heures s'ajoute à une autre coupe de 80 000 heures réalisée cette fois au cours du présent exercice financier, prenant fin le 31 mars.
Profits moins gros que prévu
Il faut dire que depuis un an, les profits plafonnent à la SAQ. La société d'État ne sera pas en mesure de répondre cette année à la commande du ministre des Finances, Nicolas Marceau, de gonfler ses profits de 3 %.
La SAQ va manquer cette année son objectif de bénéfices nets de 31 millions $. Pour l'année financière qui se terminera le 31 mars prochain, la SAQ ne livrera que 1,037 milliard $ à son principal actionnaire, soit 31 millions $ de moins que les 1,068 milliard $ attendus.
L'an dernier (2012-2013), la SAQ a rapporté un bénéfice net de 1,030 milliard $, en hausse de 3,1 %.
Rappelons qu'en 2009, le panier moyen d'achats d'un client tournait autour de 39 $. La valeur du panier moyen d'achats par client de la SAQ s'élève maintenant à 43,35 $. D'ici 2015, la SAQ aimerait faire passer la valeur moyenne d'achat de ce panier à 45,15 $.