À travers la province, le marché de la revente a carburé à plein régime. Et l’année 2018 s’annonce également prometteuse.

Le prix de reventes des condos chute encore

Pour une quatrième année consécutive, le prix de revente des copropriétés a chuté dans la région de Québec, contrairement à celui d’une maison unifamiliale. Cette dernière catégorie a d’ailleurs fait mentir les experts du marché de l’immobilier qui anticipaient une première diminution en 20 ans.

Lundi, la Fédération des chambres immobilières du Québec (FCIQ) a dressé son bilan pour 2017. Et, sans surprise, cette cuvée ne passera pas à l’histoire, contrairement aux résultats pour la province. 

Au cours des 12 derniers mois, 6885 résidences de la région métropolitaine de recensement (RMR) de Québec ont trouvé preneur avec l’aide d’un courtier immobilier (+ 2 %). Une augmentation identique aux deux années précédentes.

RMR de Québec

Dans la RMR de Québec, qui couvre le territoire des villes de Québec et de Lévis, c’est le marché de la copropriété qui a tiré son épingle du jeu. L’augmentation des ventes a été de 5 %, comparativement à 2 % du côté du plex — deux unités et plus — et de 1 % pour l’unifamiliale.

Sur le plan géographique, les secteurs de Sainte-Foy–Sillery (24 %) et de Saint-Augustin–Cap-Rouge (12 %) ont connu les plus fortes croissances de ventes, révèle le rapport de la Chambre immobilière de Québec (CIQ).

Pour le prix médian, seulement l’unifamiliale a enregistré une (timide) croissance. Elle a été de l’ordre de 1 % (250 000 $). En janvier dernier, le directeur de l’analyse de marché de la FCIQ, Paul Cardinal, voyait plutôt dans sa boule de cristal une baisse de 1 % du prix pour ce type de propriété. Et une diminution de
8 % du nombre de transactions résidentielles, tous secteurs confondus.

Pour 2018, il anticipe maintenant une augmentation de 2 % des transactions. Il prévoit aussi une hausse de 2 % du prix de vente des maisons unifamiliales. 

Du côté du plex (294 000 $) et de la copropriété (188 000 $), la diminution du prix pour les derniers mois a été de respectivement 4 % et 1 %. 

L’acheteur conserve donc sa couronne. Et cette tendance devrait se poursuivre en 2018, car aucune hausse ni baisse de prix ne figure sur les feuilles des spécialistes. 

Quant au délai de vente, les propriétaires de copropriété doivent de nouveau s’armer de patience, avec une moyenne de 174 jours. Petite consolation, toutefois, il s’agit d’une amélioration de huit jours par rapport à 2016. 

«L’année 2017 marque un important changement de tendance au chapitre de l’offre de propriétés à vendre qui a diminué pour une première fois en sept ans», indique Martine Bélanger, directrice générale de la CIQ. En effet, on retrouvait en moyenne l’an dernier 7607 propriétés (-1 %) affichées sur le système Centris pour la RMR de Québec. «Le recul [-7 %] du nombre de copropriétés offertes sur le marché de la revente est une bonne nouvelle dans la mesure où il y a un important surplus dans ce segment», poursuit-elle.

Selon la Société canadienne d’hypothèques et de logement, le secteur de la construction a bien performé en 2017. Au total, 6640 mises en chantier d’habitations ont été enregistrées, une augmentation de 39 %.

Province de Québec

À travers la province, le marché de la revente a carburé à plein régime. Et l’année 2018 s’annonce également prometteuse. 

Entre janvier et décembre, 82 639 ventes (+ 6 %) ont été enregistrées, un record. Il faut remonter jusqu’en 2007 pour dénicher une année aussi vigoureuse pour les courtiers immobiliers. À ce moment, 80 647 transactions avaient été enregistrées.

«Nous nous étions trompés sur la tendance [pour la capitale et la province]», concède au Soleil Paul Cardinal. «On croyait que le resserrement des règles hypothécaires à l’automne 2016, le fameux stress test [...] était pour disqualifier davantage de premiers acheteurs. Force est de constater que cela n’a pas pesé si lourd. Les autres facteurs, comme l’emploi, la confiance des consommateurs, le taux de chômage et le solde migratoire, ont compensé», ajoute-t-il.

Durant les 12 derniers mois, c’est le marché des copropriétés qui a connu les meilleurs résultats au Québec, avec un bond de 15 % des ventes, comparativement 3 % et 4 % pour l’unifamiliale et le plex. 

Pour le prix médian, il a grimpé de 3 % pour l’unifamiliale (242 500 $), les copropriétés (230 000 $) et le plex (380 000 $). Cette tendance devrait se poursuivre en 2018, alors la FCIQ anticipe de nouveau une augmentation de 3 %. Le délai de vente pour une copropriété est aujourd’hui de 124 jours (-11 jours).