L’autobus du Parti québécois a été présenté aux médias, mardi.

Le PQ mise sur un autobus original, mais pas québécois

EXCLUSIF / Contrairement au Parti libéral, la CAQ et Québec solidaire, le Parti québécois sillonnera les routes du Québec durant la campagne électorale dans un autobus construit au Manitoba, a constaté Le Soleil. Une situation qui étonne la direction de Prévost.

Mardi, le PQ a présenté aux médias son nouveau véhicule personnalisé par l’artiste multidisciplinaire de Drummondville Jean-René Douville Tessier en prévision de la campagne électorale qui démarrera jeudi.

C’est la compagnie Motor Coach Industries (MCI), propriété depuis 2015 de l’entreprise canadienne New Flyer, qui a réalisé la construction du bolide. MCI possède un bureau des ventes et des services du côté de Montréal, mais elle n’a aucune usine de fabrication au Québec.

Par le passé, notamment en 2014, afin de soutenir la main-d’œuvre locale, les principaux partis politiques avaient utilisé des autocars interurbains fabriqués par Prévost, du Groupe Volvo.

Cette entreprise de Sainte-Claire, dans la région de Bellechasse, compte aujourd’hui 900 employés dans son usine qui produit environ 600 autobus par année.

Chaque parti politique fait appel à un sous-traitant pour la location de leur autocar. Les libéraux font affaire avec Orléans Express, la CAQ avec les Tours du Vieux-Québec et le PQ avec la compagnie La Québécoise.

«Nous sommes très fiers que notre produit soit fabriqué ici au Québec, à Sainte-Claire. Nous sommes une entreprise qui a 95 ans d’histoire dans la région», avance au Soleil le directeur du marketing pour le Groupe Volvo, Michael Power.

«Cela a toujours été une fierté de voir des partis politiques utiliser nos véhicules. C’est un produit de chez nous. [...] Il y a aujourd’hui beaucoup de pression sur les marchés pour être capable de demeurer compétitif, notamment aux États-Unis avec Donald Trump. On espère que les groupes politiques comprennent qu’il faut supporter les emplois locaux», poursuit-il, ne cachant pas sa déception devant le choix du PQ.

Air de déjà-vu

Pour Prévost, cette situation a un air de déjà-vu, ou presque. Les rôles sont toutefois inversés.  


« Il y a aujourd’hui beaucoup de pression sur les marchés pour être capable de demeurer compétitif, notamment aux États-Unis avec Donald Trump. On espère que les groupes politiques comprennent qu’il faut supporter les emplois locaux »
Michael Power, directeur du marketing pour le Groupe Volvo

En 2004, le constructeur avait été la cible de plusieurs médias américains lorsque le président George W. Bush avait choisi de faire campagne dans un autobus rouge, blanc et bleu conçu à Sainte-Claire.Cette décision avait alors suscité des protestations de la part de son rival démocrate, John Kerry.

Surtout que le constructeur MCI avait son siège social au pays de l’Oncle Sam, en Illinois.

Lors des campagnes 2008 et 2012 avec Barack Obama, des situations similaires ont aussi fait couler beaucoup d’encre dans les journaux.

«Deux véhicules qui étaient utilisés par le gouvernement américain avaient été construits à Sainte-Claire. Ils ont par la suite été adaptés selon les besoins du gouvernement par un transformateur américain», explique M. Power.

Le Groupe Volvo, dont le siège social est basé en Suède, possède également la division Nova Bus. Cette dernière détient des installations au Québec à Saint-Eustache et à Saint-François-du-Lac.

Du côté du Parti québécois, personne n’a été en mesure mercredi de fournir une explication au Soleil sur ce choix de véhicule.