Jerome Powell, président de la Banque centrale américaine

Le poste du président de la Fed «aucunement menacé»

WASHINGTON — Le poste de Jerome Powell à la présidence de la Banque centrale américaine n’est aucunement menacé, a affirmé mercredi un conseiller économique de la Maison-Blanche Kevin Hassett, après des critiques acérées du président américain Donald Trump des décisions de l’institution.

À des journalistes lui demandant si Jerome Powell était assuré de garder son poste, il a répondu: «Oui, bien sûr, à 100%». À une autre question lui demandant s’il pouvait affirmer que le poste de M. Powell n’était pas menacé, il a dit: «absolument, c’est cela», selon des déclarations retransmises notamment par ABC.

Relever les taux d’intérêt serait «une erreur», «le seul problème de notre économie, c’est la Fed», ses gouverneurs «ne sentent pas le marché»: Donald Trump a multiplié sur Twitter les critiques contre la Réserve fédérale, sortant de la pratique habituelle du strict respect de l’indépendance de cette institution incontournable pour la bonne marche de l’économie des États-Unis.

Samedi, CNN et Bloomberg avaient indiqué que le président envisageait même de limoger Jerome Powell, une information qui avait été démentie par le truchement du secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin. Cela n’avait toutefois pas suffi à rassurer les marchés qui ont encore plongé lundi.

«Les fondamentaux (de l’économie américaine) sont extrêmement solides [...] la croissance au quatrième trimestre devrait être très proche de 3% si ce n’est les dépasser», a ajouté Kevin Hassett. «Par conséquent, je pense que le rythme de croissance que nous observons cette année devrait se poursuivre l’an prochain», a-t-il ajouté.

Ces commentaires ont, semble-t-il, contribué à rassurer les marchés mercredi avec un rebond de Wall Street à la mi-journée.

La semaine dernière, le Comité monétaire de la Banque centrale avait un peu réduit sa projection de croissance américaine pour cette année (3% contre 3,1% précédemment), et surtout pour 2019 (2,3% contre 2,5%), emboîtant le pas au Fonds monétaire international (FMI) qui prévient depuis des mois que les effets positifs de la réforme fiscale vont s’estomper et que la guerre commerciale va affecter l’économie américaine et mondiale.

Selon CNN, Donald Trump pourrait rencontrer Jerome Powell en janvier. Sollicitée par l’AFP, la Fed n’a pas confirmé cette information.