Le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, qui avait convoqué la rencontre, a évité de répondre aux questions entourant l’absence du président de Bombardier, Alain Bellemare.

Le pdg de Bombardier invisible

Bombardier a dû défendre le silence de son président et chef de la direction, Alain Bellemare, qui brillait par son absence, lundi, à la rencontre spéciale convoquée par le gouvernement Legault à la suite de sa décision d’éliminer 2500 emplois au Québec.

La multinationale, qui supprimera au total 5000 postes dans le monde en plus d’avoir vendu des actifs, dont le programme de l’avion à hélices Q400, avait plutôt désigné deux autres représentants, dont son vice-président aux relations externes de la compagnie, Olivier Marcil.

À lire aussi: Bombardier: rencontre lundi

«Bombardier ne se cache pas, Bombardier est présente, a-t-il affirmé, en marge de la rencontre, lors d’une mêlée de presse. M. Bellemare a un agenda qui est très, très chargé et il soutient l’initiative.»

Le constructeur d’avions et de trains compte un peu moins de 70 000 employés répartis dans environ 30 pays, a également plaidé M. Marcil, ajoutant que le grand patron de Bombardier s’était expliqué la semaine dernière.

M. Bellemare, dont la rémunération globale a été d’environ 14 millions $ CAN en 2017, n’a accordé aucune entrevue depuis l’annonce, jeudi dernier, de cette nouvelle cure minceur alors qu’étaient dévoilés les résultats du troisième trimestre.

Dans le communiqué de presse de l’entreprise, il s’était montré «très fier» de ce qui avait été accompli jusqu’à présent dans le cadre de son plan de redressement qui doit culminer en 2020.

M. Bellemare a déjà avoué que Bombardier avait frôlé la faillite en 2015 avant que le gouvernement québécois ne vole à son secours en injectant 1 milliard $ US d’argent public dans la C Series. Le programme a été rebaptisé A220 en juillet alors qu’Airbus en a pris le contrôle sans avoir à verser un sou.

«Il vit au Québec et est parfaitement conscient de ce qui se passe, a répondu M. Marcil, lorsqu’il lui a été demandé si son patron devrait prendre le temps d’expliquer ses récentes décisions. Mais il gère un géant du rail et de l’aviation et ne pouvait être ici aujourd’hui.»

Pour sa part, le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, qui avait convoqué la rencontre, a évité de répondre aux questions entourant l’absence de M. Bellemare, affirmant que deux représentants de Bombardier étaient présents.

Il a toutefois dit avoir discuté avec le dirigeant de la multinationale québécoise au cours des derniers jours.

«Nous nous sommes entendus pour se rencontrer prochainement pour parler de l’industrie, pour éviter des surprises futures», a expliqué M. Fitzgibbon.

Optimisme

Au terme de sa rencontre avec les autres représentants du secteur de l’aéronautique, le ministre de l’Économie a tenté de se montrer rassurant, affirmant que le secteur aéronautique québécois était en santé et qu’il continuait de croître. En plus d’Aéro Montréal, des représentants de sociétés comme Bell Helicopter et CAE étaient notamment présents.

En raison de la main-d’oeuvre qui se fait rare, il a dit avoir bon espoir de voir tous les employés de Bombardier touchés au cours des 12 à 18 prochains mois être en mesure de se trouver un nouveau gagne-pain.

Les détails entourant les licenciements, comme les corps de métier touchés, devraient bientôt être fournis à Québec par Bombardier, ce qui permettra à l’industrie de s’ajuster, a dit M. Fitzgibbon.

«Il faut comprendre quels sont les employés qui vont être ciblés, a-t-il dit. Il risque d’y avoir des enjeux de formation et c’est là que le ministère de l’Emploi va être présent.»

S’il avait critiqué la manière dont Bombardier avait décidé d’annoncer les licenciements, le coordonnateur québécois de l’Association internationale des machinistes et des travailleurs de l’aérospatiale (AIMTA), David Chartrand, s’est montré optimiste de voir qu’il y avait de la solidarité dans l’industrie.

«C’est un bon message à envoyer à la population si certains croient que ça ne va pas bien, a-t-il dit. C’est faux. Il y a de la création d’emplois. C’est bien que les gens soient au courant.»

***

L’industrie aérospatiale en chiffres:

- 40 000 emplois.

- Près de 31 700 postes à combler au cours de la prochaine décennie.

- Environ 22 900 emplois à remplacer en raison de promotions, retraites et départs volontaires.

- Métiers les plus recherchés: ingénieur en aérospatiale, technicien en génie mécanique et ouvrier de finition intérieure d’aéronefs.

(Source: Aéro Montréal)