Le nouveau patron de Boeing, David Calhoun prend ses fonctions après une semaine mouvementée pour Boeing, marquée par la divulgation de messages embarrassants d’employés dans lesquels ils moquent les régulateurs, les compagnies aériennes et s’interrogent sur les compétences de leurs collègues ingénieurs.

Le nouveau patron de Boeing promet humilité et transparence

NEW YORK — David Calhoun a officiellement pris lundi ses fonctions de directeur général de Boeing et promis une nouvelle ère d’humilité et de transparence chez l’avionneur, qui traverse la plus grave crise de ses 103 ans d’histoire à cause des déboires du 737 MAX.

«C’est une période cruciale pour Boeing», écrit M. Calhoun, 62 ans, aux 150 000 employés du groupe, dans un courriel où reviennent les mots «transparence» et «responsabilité».

«Ensemble, nous allons renforcer notre approche de la sécurité [des avions], améliorer la transparence et reconstruire la confiance avec nos clients, nos régulateurs, nos sous-traitants et les voyageurs», déclare cet ancien cadre dirigeant de General Electric (GE) et de la société d’investissements Blackstone.

«J’ai confiance en l’avenir de Boeing, y compris dans le 737 MAX», souligne-t-il.

Selon son entourage, «il veut s’assurer que nous ayons une culture [d’entreprise] adéquate», a déclaré une source. «Ce qui signifie être plus humble et transparent», a-t-elle ajouté, alors que l’avionneur travaille à obtenir une remise en service du 737 MAX, cloué au sol depuis 10 mois après deux accidents rapprochés ayant fait 346 morts.

«Rendre des comptes»

«Nous allons être très transparents les uns envers les autres et avec nos actionnaires. Nous allons nous engager à rendre des comptes en matière de sécurité et de qualité» des avions, a encore promis M. Calhoun.

Le dirigeant prend ses fonctions après une semaine mouvementée pour Boeing, marquée par la divulgation de messages embarrassants d’employés dans lesquels ils moquent les régulateurs, les compagnies aériennes et s’interrogent sur les compétences de leurs collègues ingénieurs.

«Ceci est une plaisanterie», écrivait un employé en septembre 2016, en référence au 737 MAX. «Cet avion est ridicule». «Design nul», fustigeait un autre en avril 2017.

M. Calhoun va passer sa première semaine à Chicago, le siège social du groupe, et se rendra la semaine prochaine dans l’État de Washington, où se trouvent les principales usines du constructeur.

Il visitera l’usine de Renton, près de Seattle, qui fabrique le 737 MAX, et celle d’Everett, productrice du 777/777X, du 767, du 747 et du 787.

Les déboires du 737 MAX ont déjà coûté 9,2 milliards $ à Boeing et la facture devrait encore augmenter lors de la publication des résultats du quatrième trimestre le 29 janvier.

Le constructeur aéronautique a suspendu les livraisons et la production, mais n’a ni licencié des employés ni pris des mesures de chômage technique.

Potentielles indemnisations

Il discute de potentielles indemnisations avec les compagnies aériennes, qui ont dû annuler des milliers de vols, et fait face aux plaintes des familles de victimes, aux enquêtes des autorités américaines ainsi qu’à la fragilisation de ses sous-traitants.

Spirit AeroSystems, qui fournit les fuselages du 737 MAX et d’autres pièces, a licencié vendredi 16 % de ses effectifs, soit 2800 personnes, et prévoit de nouvelles coupes.

«La remise en service du 737 MAX en toute sécurité doit être notre objectif principal», a martelé M. Calhoun.

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L’AGENCE DE NOTATION MOODY’S MENACE D'ABAISSER LA NOTE DE BOEING

L’agence de notation Moody’s a menacé lundi d’abaisser la note de solidité financière de Boeing, jugeant que le retour en vol du 737 MAX et la reconstruction du lien de confiance avec les compagnies aériennes et le grand public allaient être financièrement «coûteux».

L’agence dit qu’elle fondera sa décision sur plusieurs facteurs, donc la date de remise en service du MAX, le retour de cet avion dans les programmes de vol des compagnies, la date de reprise de la production et des livraisons.