Les producteurs de maïs sucré de Neuville auront dorénavant des outils légaux pour empêcher que le nom de leurs productions soient utilisés à tort par d'autres.

Le maïs sucré de Neuville certifié

Consommateurs, vous serez dorénavant protégés contre les imposteurs qui tentent de vous refiler en douce du faux blé d'Inde de Neuville.
Vous savez, celui qui arrive subrepticement sur les tablettes avant les premières fraises du Québec!
Ou encore avant même que le tout premier «vrai» épi ne soit cueilli dans les champs de cette municipalité de Portneuf. Ce qui devrait arriver, cet été, à la fin du mois de juillet, avancent les producteurs.
L'Association des producteurs de maïs sucré de Neuville attendait ce jour depuis le mois de décembre 2014 alors qu'elle amorçait un long parcours administratif et réglementaire afin que leur produit vedette obtienne une appellation réservée comme c'est le cas, par exemple, pour l'agneau de Charlevoix ou pour le cidre de glace du Québec.
Leur blé d'Inde est maintenant certifié. Les producteurs membres de l'association, ils sont un peu plus d'une dizaine, seront les seuls à pouvoir se vanter de vendre du «vrai» maïs sucré de Neuville!
Le consommateur pourra en avoir le coeur net en consultant un logo démontrant que l'épi de maïs bénéficie d'une identification géographique protégée (IGP) et qu'il est soumis à une certification assurée Écocert Canada.
Les usurpateurs n'ont qu'à bien se tenir. Les inspecteurs du Conseil des appellations réservées et des termes valorisants (CARTV) pourraient se lancer à leurs trousses. 
Lundi, le député de Portneuf à l'Assemblée nationale, Michel Matte, a annoncé au nom du ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, Laurent Lessard, que le CARTV avait émis au gouvernement un avis favorable pour la création d'une appellation réservée Maïs sucré de Neuville. 
«Cette appellation réservée assure au consommateur l'authenticité ainsi que la traçabilité du maïs qu'il achète et protège les producteurs contre les usurpateurs», a indiqué le député libéral.
«C'est bien plus qu'une simple reconnaissance administrative», a renchéri le maire de Neuville, Bernard Gaudreau. «Le maïs sucré de Neuville est unique et distinctif. Pour les producteurs, il était important d'obtenir cette appellation réservée pour un produit de la terre qui se cultive à Neuville depuis 1668, selon les historiens.»
La mecque du blé d'Inde
Neuville est la Mecque du blé d'Inde, car ce coin de pays bénéficie de conditions naturelles propices à la culture du maïs, caractérisées notamment par un climat doux et à l'abri du vent et par des sols sablo-limoneux en terrasses qui favorisent l'exploitation des champs de maïs sucré de grande taille.
Les dénominations apparentées Maïs de Neuville, comme le Blé d'Inde de Neuville et la traduction anglaise Neuville Sweet Corn sont également reconnues.
Les membres de l'Association des producteurs de maïs sucré de Neuville vendent leurs produits principalement dans la région de Portneuf et à Québec.
Ils savent que, depuis toujours, des imposteurs utilisent l'appellation Blé d'Inde de Neuville pour tromper les consommateurs. «Ça nous choque, mais que pouvons-nous faire? Nous sommes beaucoup trop occupés à récolter et à vendre notre maïs sucré pour commencer à faire la tournée des kiosques de fruits et de légumes pour mettre fin au petit manège des usurpateurs», explique le président de l'association, Gaétan Gaudreau.
Ce dernier avoue qu'au départ, les producteurs doutaient de la réussite de la démarche de reconnaissance lorsque Rémy Lambert et d'autres experts les ont approchés.
«Le maïs sucré de Neuville affichait un potentiel d'appellation intéressant, comme le bleuet du Lac-Saint-Jean, un autre produit sur lequel nous planchons actuellement avec des producteurs locaux», explique M. Lambert, un économiste spécialisé en agroalimentaire qui enseigne à l'Université Laval. «Ses caractéristiques, sa renommée et sa vulnérabilité à l'usurpation en faisaient un excellent candidat à l'obtention d'une appellation réservée.»