Ce sont 55 employés permanents et 50 contractuels du Groupe Optel qui se retrouveront au chômage au cours des prochaines semaines. 

Le Groupe Optel abolit 105 postes

Victime d'une baisse de commandes au sud de la frontière canadienne, le Groupe Optel abolit 105 postes, a appris Le Soleil.
Après plusieurs jours de rumeur, les travailleurs ont finalement appris la mauvaise nouvelle, mardi. Ce sont 55 employés permanents et 50 contractuels qui se retrouveront au chômage au cours des prochaines semaines. Mercredi, les travailleurs touchés seront rencontrés individuellement par des responsables de la compagnie.
«Il s'agit d'un licenciement collectif», confirme la responsable des communications chez Optel, Érica Boisvert. L'entreprise du Parc technologique du Québec métropolitain comptait dans ses bureaux de la capitale près de 750 travailleurs avant ces coupes. Des 105 employés touchés, 70 avaient été embauchés par la direction et 35 provenaient d'agences de placement, précise la porte-parole.
Le Groupe Optel explique sa décision d'affaires par le report - annoncé cet été - d'un an aux États-Unis de la loi sur la traçabilité par la Food and Drug Administration (FDA). Cette mesure obligera les compagnies pharmaceutiques installées au pays de Donald Trump à intégrer des dispositifs d'identification des produits à leurs lignes de production. L'objectif est de diminuer la contrefaçon dans le milieu. 
«Le marché a beaucoup réagi à cette décision. Il a ralenti et notre croissance était beaucoup basée sur l'application de cette loi à la fin 2017», explique Mme Boisvert. Ce report devrait se traduire par une baisse de 20 % des prévisions du chiffre d'affaires d'Optel pour le marché de l'Amérique du Nord. Au cours des dernières années, la compagnie a franchi le cap des 100 millions $ de ventes.
La direction de l'entreprise, qui se spécialise dans le développement et la fabrication de solutions d'inspection pour le domaine pharmaceutique et médical, précise au Soleil qu'aucune autre coupe n'aura lieu dans ses autres installations à travers le monde. Le Groupe Optel vend des produits partout sur la planète et possède des bureaux à Québec, ainsi qu'en Irlande, en Inde et au Brésil.
Perte de vitesse
Pour le grand patron et fondateur d'Optel, Louis Roy, cette décision de la FDA entraînera une perte de vitesse de l'entreprise durant quelques mois, mais il n'est pas question d'abandonner les projets d'acquisitions et d'expansion. On garde le cap, assure-t-il.
«La majorité des compagnies ont choisi de ralentir leurs commandes. Nous allons probablement avoir un rush dans un an», avance l'homme d'affaires. «C'est un peu paradoxal. À court terme, nous avons des ajustements structurels à faire, mais nous continuons de travailler sur nos plans de croissance ainsi que nos acquisitions qui feront plus que doubler l'entreprise au cours des trois prochaines années», poursuit-il, précisant que des annonces devraient avoir lieu d'ici 2018. Actuellement, la famille d'Optel compte 992 employés. 
M. Roy concède qu'il ne s'attendait pas à ce que l'impact du report de la loi soit aussi important. Il mise sur ses autres marchés d'affaires, soit l'Europe et l'Asie, pour assurer la stabilité financière de l'entreprise.
Un programme d'aide aux employés licenciés a été mis sur pied afin qu'ils puissent se retrouver un gagne-pain le plus rapidement possible. 
«Nous avons des consultants sur place et nous utilisons notre réseau pour relocaliser nos employés. Nous avons aussi un service d'incubateur. Les employés touchés peuvent tenter de démarrer une compagnie. Notre objectif est de réembaucher ces travailleurs un jour», conclut celui qui a reçu l'an dernier le titre de «pdg de l'année Investissement Québec» remis par l'Association québécoise des technologies (AQT).