Les bureaux du Groupe MTY à Montréal, dimanche    

Le Groupe MTY rassure les investisseurs

MONTRÉAL — Groupe d’Alimentation MTY a voulu tourner la page sur les allégations soulevées par un prétendu lanceur d’alerte en répétant lundi que celles-ci étaient «sans fondement», sans toutefois offrir plus de détails à ce sujet.

L’examen mené par le comité de vérification du conseil d’administration est venu valider la position du franchiseur et exploitant québécois de restaurants, a estimé son chef de la direction Eric Lefebvre, au cours d’une conférence téléphonique visant à discuter des résultats du quatrième trimestre.

Même si le patron du propriétaire de marques telles que Thai Express, Tiki-Ming, Tutti Frutti et Valentine ne souhaitait pas commenter davantage le dossier, il a néanmoins été questionné par les analystes étant donné que le dévoilement des résultats, initialement prévu mardi dernier, avait été repoussé.

«C’est certain qu’en ce qui a trait à la perception, tout le monde est curieux, a expliqué M. Lefebvre, dans le cadre d’une entrevue téléphonique. À partir du moment où l’on dit que les allégations sont non fondées, si on commence à faire la liste (de ce qui était soulevé), on repart avec des discussions sur quelque chose qui n’existe pas.»

Les conclusions de l’examen ont semblé rassurer les investisseurs, puisqu’à la Bourse de Toronto, lundi, en mi-journée, l’action de MTY prenait 10,6 %, ou 5,28 $, pour se négocier à 55,05 $.

C’est le 14 février que MTY avait annoncé le report du dévoilement de ses résultats, sans fournir de détails sur les allégations l’ayant incité à agir de la sorte. Le prétendu lanceur d’alerte est toujours à l’emploi de la compagnie, a indiqué M. Lefebvre, qui a qualifié cette personne de «bon employé».

Si la société avait été mise au courant plus tôt, elle n’aurait peut-être pas eu à retarder le moment pour faire le point sur sa performance financière. Elle avait toutefois jusqu’à vendredi pour le faire en vertu du cadre réglementaire.

Selon M. Lefebvre, l’entreprise a pris la «bonne décision» en agissant de la sorte pour laisser le temps au comité de vérification de se pencher sur la chose.

«On n’aime pas être mêlé à ce genre de chose, a dit le dirigeant de MTY. J’avais envie d’en dire plus. Il faut que je respecte ce qui a été fait. Mais à partir du moment où (les allégations) ne sont pas fondées, il n’y a rien d’autre à discuter.»

S’il peut être «curieux» de voir une entreprise retarder la date de publication de ses résultats financiers en raison d’allégations soulevées par un employé, l’expert en gouvernance et professeur à l’Université Concordia Michel Magnan croit que MTY a agi de façon «correcte».

À son avis, pour l’entreprise, il ne sert à rien d’en rajouter si l’on juge que tout est dans l’ordre.

«En matière de divulgation, c’est correct (de se limiter) à cela dans la mesure où c’est non fondé, a dit M. Magnan. S’ils font un commentaire, la personne qui a soulevé les allégations pourrait aussi décider de se retourner contre l’entreprise.»

Résultats

Quant à sa performance financière, MTY a engrangé un bénéfice net de 20,7 millions $, ou 83 cents par action, au quatrième trimestre terminé le 30 novembre, par rapport à 13,2 millions $, ou 53 cents par action, il y a un an.

Grâce entre autres aux acquisitions, le chiffre d’affaires du réseau a été de 1,02 milliard $, par rapport à 706,4 millions $ il y a un an. Les recettes du réseau tiennent compte des recettes générées par les franchisés. Les revenus de MTY ont été de 150 millions $, en hausse de 29 %.

Les analystes tablaient sur des revenus de 153 millions $ ainsi qu’un profit de 83 cents par action, selon la firme de données financières Refinitiv.

À la fin novembre, le réseau de MTY comptait 7373 établissements, dont 144 exploités par MTY et 7229 franchisés. Environ 55 % des restaurants se trouvent aux États-Unis, contre 38 % au Canada et 7 % à l’international.

Pour l’exercice, le franchiseur et exploitant de restaurants a vu son bénéfice net fléchir d’environ 19 %, à 77,7 millions $, ou 3,08 $ par action, alors que le chiffre d’affaires du réseau a grimpé d’environ 30 %, à 3,6 milliards $.